Dossier 05 · Justice et sécurité · avant de lire

Depuis 2012, les cambriolages de logements enregistrés par la police en Belgique ont-ils augmenté ou diminué, et de combien ?

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Dossier 05 · une question du débat

Justice et sécurité

Que comptent vraiment les statistiques de la criminalité, et que fait la prison ? Trois façons de compter, un siècle et demi d’histoire pénale, trois fiches, l’état de la recherche et dix lectures pour en débattre.

−51 %de cambriolages de logements enregistrés entre 2012 et 2024Eurostat crim_off_cat
1,40homicide volontaire enregistré pour 100 000 habitants en 2024Eurostat crim_off_cat
12 976détenus en cellule pour 11 040 places, au 31 mars 2025Conseil central de surveillance pénitentiaire
15,7 %des victimes de violences sexuelles hors famille ont signalé les faits à la policeMoniteur de sécurité 2021

Dossier vérifié le 11 octobre 2026 · 27 affirmations contrôlées à la source · 27 sources liées · voir le registre · corrections
Prochaine mise à jour : statistiques Eurostat 2025 (printemps 2027) et premiers effets du nouveau Code pénal

Comprendre en deux minutes

La criminalité augmente-t-elle, et la prison nous protège-t-elle ?

Les vols et cambriolages enregistrés ont fortement baissé depuis le début des années 2010 : −51 % pour les cambriolages de logements, −50 % pour les vols avec violence. D’autres infractions augmentent, surtout les fraudes, et les plaintes pour viol progressent, ce qui peut refléter autant une meilleure dénonciation qu’une hausse des faits. Dans le même temps, le nombre de détenus a fortement augmenté : les prisons sont surpeuplées et la Belgique a été condamnée pour cela par la Cour européenne des droits de l’homme. La recherche montre que la probabilité d’être pris dissuade davantage que la sévérité de la peine.

  1. Une statistique policière compte des faits enregistrés, pas tous les faits commis : beaucoup de victimes ne portent pas plainte.
  2. Plus de prisonniers ne veut pas dire plus de crimes : la population carcérale dépend aussi des lois, des juges et de l’exécution des peines.
  3. Un « taux de récidive » ne veut rien dire sans sa définition : nouvelle condamnation ou retour en prison, après deux ans ou huit.
Approfondir ↓
Avant les chiffres · les définitions

Trois façons de compter le crime.

Aucune source ne mesure « la criminalité » telle qu’elle est. Chacune voit une partie du tableau, à une étape différente du parcours pénal.

Police

Les faits enregistrés

Statistiques policières de criminalité, transmises à Eurostat

Les infractions connues de la police, par une plainte ou par un constat. Elles dépendent du comportement des victimes (porter plainte ou non) et des priorités policières (contrôles de drogue, par exemple).

Sert à : suivre des tendances quand le taux de plainte est stable.

Enquête

Les victimes interrogées

Moniteur de sécurité, Police fédérale

Un échantillon d’habitants dit s’il a été victime dans l’année et s’il a porté plainte. On y voit le « chiffre noir » : les faits que la police ne connaît pas.

Sert à : mesurer la victimation réelle et le sentiment d’insécurité.

Justice et prisons

Les décisions et les détenus

SPF Justice, Conseil de l’Europe (SPACE)

Les condamnations, les peines et le nombre de personnes en prison. Ces chiffres reflètent la réponse pénale (lois, juges, exécution des peines) autant que la criminalité.

Sert à : décrire l’activité de la justice et l’état des prisons.

→ un même phénomène peut monter dans une source et baisser dans une autre

Histoire · un siècle et demi de droit pénal

De la guillotine au bracelet électronique.

Le droit pénal belge a longtemps reposé sur un Code de 1867. Il a été réformé par petites touches, souvent après des crises, jusqu’au nouveau Code pénal entré en vigueur en septembre 2026. Sur le temps long, la violence mortelle a fortement reculé en Europe : les historiens estiment que les taux d’homicide des sociétés européennes de la fin du Moyen Âge étaient bien plus élevés qu’aujourd’hui.

  1. 1888

    Libérer sous conditions

    La loi du 31 mai 1888 introduit la libération conditionnelle : la peine peut se terminer hors de prison, sous surveillance.

  2. 1996-2005

    Fin de la peine de mort

    La loi du 10 juillet 1996 abolit la peine de mort, qui n’était plus appliquée depuis longtemps ; l’interdiction est inscrite dans la Constitution en 2005.

  3. 1996-1998

    Le choc de l’affaire Dutroux

    Après l’arrestation de Marc Dutroux (13 août 1996), plus de 300 000 personnes manifestent à Bruxelles le 20 octobre 1996. Après son évasion en avril 1998, la loi du 7 décembre 1998 crée une police intégrée à deux niveaux (fédéral et local).

  4. 2014

    Condamnée à Strasbourg

    Le 25 novembre 2014, dans l’arrêt Vasilescu c. Belgique, la Cour européenne des droits de l’homme constate un problème structurel de surpopulation carcérale.

  5. 2022-2026

    Exécuter toutes les peines

    Les peines de 2 à 3 ans sont exécutées depuis septembre 2022, celles de 6 mois à 2 ans depuis septembre 2023. Le nouveau Code pénal, qui classe les peines en huit niveaux, s’applique depuis le 1er septembre 2026.

1888 : Chambre des représentants, proposition de loi n° 49K0138/1 (1995). Peine de mort : SPF Affaires étrangères ; Chambre des représentants, DOC 50 1747 (mise en concordance avec la loi du 10 juillet 1996). Dutroux : La Libre ; réforme des polices : police.be. Vasilescu : CCSP et IFDH. Courtes peines : SPF Justice, « Toutes les peines de 6 mois à 3 ans seront à nouveau exécutées » et ministre de la Justice, « À partir du 1er septembre, les peines de moins de 2 ans seront également exécutées » (31 août 2023) ; relais : Forum for the Future. Code pénal : Union des Villes et Communes de Wallonie. Temps long : M. Eisner (2003), « Long-Term Historical Trends in Violent Crime », Crime and Justice, 30, 83-142.

Trois idées reçues

Idée reçue

« La criminalité explose. »

Faux pour les vols, plus nuancé ailleurs. Cambriolages de logements et vols avec violence enregistrés ont diminué de moitié depuis 2011-2012. Mais les fraudes enregistrées ont plus que doublé depuis 2016, et les plaintes pour viol ont augmenté de 48 % depuis 2008.

Idée reçue

« Plus de plaintes, c’est plus de crimes. »

Pas forcément. Seules 15,7 % des victimes de violences sexuelles hors famille déclaraient l’avoir signalé à la police en 2021. Si davantage de victimes portent plainte, le chiffre monte sans que les faits augmentent.

Idée reçue

« 60 % des détenus récidivent. »

Tout dépend de la définition. Parmi les personnes libérées de prison entre 2003 et 2005, 44,1 % y sont retournées dans les cinq à huit ans, et 21 % dans les deux ans. Une nouvelle condamnation, même sans prison, donnerait un autre chiffre. Voir la fiche.

Fiche 01 · fait

Moins de vols, plus de fraudes.

Les faits enregistrés ne suivent pas tous la même pente. Cambriolages de logements et vols avec violence ont diminué de moitié depuis leur pic. Les plaintes pour viol augmentent depuis 2015. Les fraudes, souvent en ligne, sont passées de 55 597 en 2016 à 123 126 en 2024. Le creux de 2020-2021 correspond aux années de confinement.

Infractions enregistrées par la police, indice 100 en 2008. Cambriolages de logements privés (ICCS 05012), vols avec violence ou menace (ICCS 0401) et viols (ICCS 03011), Belgique, 2008-2024. Source : Eurostat, crim_off_cat, consulté le 11 octobre 2026. Les fraudes (ICCS 0701) ne sont disponibles que depuis 2016 et ne figurent pas sur le graphique.

Les infractions enregistrées par la police

Ce qu’elles permettent de dire

  • Combien de faits la police a enregistrés, par type d’infraction.
  • Les tendances, pour les infractions que les victimes signalent le plus souvent (cambriolages, vols de voiture).

Ce qu’elles ne permettent pas de dire

  • Combien d’infractions ont vraiment été commises : beaucoup ne sont jamais signalées.
  • Si une hausse vient de plus de faits, de plus de plaintes ou de plus de contrôles policiers.
  • Qui commet les faits : un fait enregistré n’est ni un auteur identifié ni une condamnation.

Pour aller plus loin

  • Les enquêtes de victimation (Moniteur de sécurité).
  • Les taux d’élucidation et les suites judiciaires.
  • Les données par arrondissement et par commune.
Le chiffre noirpart des victimes qui ont signalé les faits à la police : violences sexuelles, escroqueries et attaques en ligne, Moniteur de sécurité 2021
1,4 homicide pour 100 000 habitants en 2024, contre 1,9 en 2008Homicides volontaires : pour 100 000 habitants, Belgique 2008-2024

Sources : Police fédérale, Résultats du Moniteur de sécurité 2021 (près de 100 000 répondants de 15 ans et plus, publié le 29 décembre 2022) ; Eurostat, crim_off_cat (ICCS 0101). En 2024 : Belgique 1,40, France 1,28, Allemagne 0,83, Pays-Bas 0,67 homicide pour 100 000 habitants. Ces comparaisons restent fragiles : les pays n’enregistrent pas tous les faits de la même manière.

Fiche 02 · fait

Plus de détenus que de places.

Le nombre de détenus est passé de 9 811 en 2008 à 12 581 en 2024, alors que vols et cambriolages baissaient. Les places n’ont pas suivi : au 31 mars 2025, 12 976 personnes se trouvaient en cellule pour 11 040 places, et 713 autres étaient en congé pénitentiaire prolongé pour cause de surpopulation. Des détenus dorment sur des matelas posés au sol.

Personnes détenues et capacité officielle, Belgique. 2008-2024 : Eurostat, crim_pris_cap (données manquantes en 2014 et 2016, et pour la capacité en 2018 : la ligne relie les années disponibles). Mars 2025 : Conseil central de surveillance pénitentiaire, communiqué du 18 avril 2025 (détenus en cellule). Consulté le 11 octobre 2026.

Surpeuplement

117,5 %

détenus en cellule pour 100 places, 31 mars 2025

Au sol

164 → 784 presse

détenus sur un matelas, février 2025 (CCSP) puis record du 27 avril 2026 (chiffre syndical confirmé par l’administration, relayé par la presse)

Sans nationalité belge

45,4 %

des détenus en 2024, contre 14,0 % de la population

Sources : CCSP, avis du 10 février 2025 (164 au 3 février 2025) ; Bruzz, 21 septembre 2026 (record de 784 le 27 avril 2026 ; près de 600 en septembre ; 13 434 détenus pour 10 795 places ; chiffres des syndicats pénitentiaires « confirmés par l’administration pénitentiaire », source de presse ; les chiffres varient d’une semaine à l’autre : 701 le 23 mars 2026 selon la même source) ; Eurostat, crim_pris_ctz et migr_pop1ctz.

La part d’étrangers en prison

Ce qu’elle permet de dire

  • Combien de détenus n’ont pas la nationalité belge.
  • Que cette part est bien supérieure à leur part dans la population, et parmi les plus élevées d’Europe selon le Conseil de l’Europe.

Ce qu’elle ne permet pas de dire

  • Que la nationalité explique la délinquance : âge, sexe, pauvreté et quartier pèsent aussi, et ne sont pas pris en compte ici.
  • Une comparaison juste avec la population : une partie des détenus étrangers est en séjour irrégulier et n’est pas comptée dans la population (plus de 60 % d’entre eux en 2011-2013, selon F. Brion).
  • Si la justice traite tout le monde de la même façon : la détention préventive, les peines hors prison ou la libération anticipée peuvent dépendre de la situation de séjour.

Pour aller plus loin

  • La part des prévenus, en attente de jugement.
  • Les infractions et la durée des peines par nationalité.
  • Les études qui comparent à profil égal (âge, sexe, revenus).
attention

Ce que nous n’avons pas pu vérifier : l’idée, répandue, que les personnes sans adresse stable sont plus souvent placées en détention préventive. Elle est plausible, mais nous n’avons pas trouvé de chiffre belge récent pour l’étayer. Le Conseil de l’Europe classe la Belgique parmi les pays où la part de détenus sans condamnation définitive est la plus élevée (plus de 25 % au-dessus de la médiane européenne, qui est de 25,9 %).

Fiche 03 · fait

44 % ou 21 % ? Tout dépend de la question.

L’Institut national de criminalistique et de criminologie a suivi les 14 754 personnes libérées des prisons belges entre 2003 et 2005. Au total, 44,1 % y sont retournées dans un délai de cinq ans et sept mois à huit ans et sept mois. Sur deux ans seulement, le taux tombe à 21 %, proche de chiffres norvégiens souvent cités en modèle.

Retour en prison en 2 ans

21 %

libérés de 2003 à 2005

Retour en prison en 5 à 8 ans

44,1 %

même cohorte, suivie jusqu’en 2011

Libérés en 2003

48,2 %

le suivi le plus long donne le taux le plus haut

Pourquoi ces chiffres ne se comparent pas facilement

Un taux de récidive change selon trois choix : qui on suit (tous les condamnés ou seulement les détenus), ce qu’on compte (nouvelle arrestation, nouvelle condamnation ou retour en prison) et pendant combien de temps. Les auteurs belges montrent qu’une fois ces différences corrigées, l’écart avec la Scandinavie est bien plus faible que ne le laissent croire les chiffres cités dans le débat.

Sources : L. Robert et E. Maes (2012), Wederopsluiting na vrijlating uit de gevangenis, INCC, cité dans INCC, rapport n° 38, p. 20 ; « Comparer des taux de récidive : la fausse bonne idée ? », police.be. Ces données datent : aucune étude plus récente de même ampleur n’a été trouvée lors de la vérification.

Le taux de réincarcération

Ce qu’il permet de dire

  • Quelle part des personnes libérées retourne en prison dans un délai donné.
  • Comment ce taux varie selon la durée de suivi ou le mode de libération.

Ce qu’il ne permet pas de dire

  • Combien commettent une nouvelle infraction : beaucoup ne sont pas découvertes, ou sont punies sans prison.
  • Si la prison a causé la récidive ou l’a évitée : ceux qui vont en prison ne sont pas comparables aux autres.
  • La situation actuelle : la cohorte a été libérée il y a vingt ans.

Pour aller plus loin

  • La récidive après une peine de travail ou une surveillance électronique.
  • Les études comparant des personnes semblables jugées différemment.
Ce dossier en Europe · 27 pays

Et ailleurs en Europe ?

Choisissez un pays : les chiffres clés et les questions du débat se mettent à jour avec les données d’Eurostat, établies selon les mêmes définitions dans les 27 pays de l’Union.

Les chiffres de la Belgique

Questions du débat, en chiffres

Réponses calculées à partir des données : elles situent le pays parmi les autres, elles n’expliquent pas pourquoi.

    Comparer les pays

    Cochez ou décochez les pays ; le tableau sous le graphique donne les valeurs exactes. Tous les indicateurs : page Comparer.

    Recherche · ce que savent les chercheurs

    Quatre questions, quatre niveaux de preuve.

    Chaque conclusion porte un badge (adapté de la grille du GIEC) et chaque étude, selon sa nature, son niveau sur l’échelle de Maryland (évaluations d’impact, de 1 à 5) ou son type (méta-analyse, revue, statistique officielle, étude descriptive…). Voir la méthode.

    ÉtabliMajoritaireDébattuPeu étudié
    Comment ces études ont été choisies

    Ce n’est pas une revue systématique : la sélection est raisonnée, pas exhaustive. Les études sont cherchées dans les revues de littérature et méta-analyses récentes, dans les bases d’articles et de documents de travail en sciences sociales (Google Scholar, RePEc, NBER, IZA) et dans les publications des institutions et centres de recherche belges (Banque nationale, Bureau fédéral du Plan, Conseil supérieur de l’emploi, universités).

    Retenues : les études publiées (revue à comité de lecture, document de travail d’une institution reconnue ou rapport public), dont la méthode est décrite, portant sur la Belgique ou sur un pays comparable ; les études belges sont privilégiées quand elles existent. Écartées : les textes d’opinion, les études sans méthode décrite et celles qui n’ont pas pu être lues à la source. Quand des études sérieuses aboutissent à des conclusions opposées, le badge « Débattu » l’indique et les deux côtés sont cités.

    Une étude importante manque ? Signalez-la (voir la méthode, point 07).

    Du chiffre à la décision

    Quatre leviers, et aucun sans contrepartie.

    Face à la surpopulation et à la demande de sécurité, quatre grandes options sont discutées. Pour chacune : le mécanisme, ce qui est documenté, ce qui reste incertain et ce qu’on sacrifie. Le site ne recommande aucune combinaison.

    Construire des places

    Le mécanisme
    Augmenter la capacité des prisons pour loger tous les détenus dignement.
    Ce qui est documenté
    documenté La capacité est passée de 8 445 places en 2008 à 11 040 en 2024, et le nombre de détenus a augmenté plus vite (Eurostat).
    Ce qui reste incertain
    hypothèse Que de nouvelles places suffisent si les entrées continuent d’augmenter.
    Ce qu’on sacrifie
    Un coût élevé et des délais de construction de plusieurs années.

    Réguler la population carcérale

    Le mécanisme
    Fixer une capacité maximale par prison et organiser des sorties anticipées quand elle est dépassée.
    Ce qui est documenté
    documenté Le CCSP et le Conseil pénitentiaire le recommandent ; les condamnations européennes (Vasilescu, 2014) imposent d’agir.
    Ce qui reste incertain
    L’effet sur la sécurité et sur la confiance dans la justice.
    Ce qu’on sacrifie
    L’exécution complète de certaines peines prononcées.

    Développer les peines hors prison

    Le mécanisme
    Surveillance électronique, peine de travail, probation, désormais au cœur du nouveau Code pénal.
    Ce qui est documenté
    documenté En Argentine, des personnes placées sous surveillance électronique ont été réarrêtées moins souvent que des détenus comparables (13 % contre 22 %, Di Tella et Schargrodsky, 2013).
    Ce qui reste incertain
    La transposition à la Belgique et aux infractions graves.
    Ce qu’on sacrifie
    Une partie de l’effet symbolique et de la mise à l’écart que la prison assure.

    Augmenter la probabilité d’être pris

    Le mécanisme
    Plus de présence policière ciblée et d’enquêtes résolues, plutôt que des peines plus longues.
    Ce qui est documenté
    documenté À Londres, 10 % de présence policière en plus ont fait baisser la criminalité de 3 à 4 % (Draca et al., 2011). La certitude d’être pris dissuade davantage que la sévérité (Nagin, 2013).
    Ce qui reste incertain
    La durée de l’effet et son report vers d’autres quartiers.
    Ce qu’on sacrifie
    Un coût en effectifs, et des risques pour les libertés si les contrôles se multiplient.

    Les arbitrages : on ne peut pas tout maximiser à la fois

    Si l’on privilégie…… on prend le risque de sacrifier
    L’exécution de toutes les peinesDes conditions de détention dignes, tant que les places manquent
    La sortie anticipée pour désengorgerLa confiance des victimes et du public dans les peines prononcées
    Plus de contrôles policiersLes libertés individuelles et la relation avec certains quartiers
    Les peines hors prisonLa mise à l’écart des personnes jugées dangereuses

    « Documenté » signifie établi par des études ou des statistiques officielles ; « hypothèse » signifie plausible mais non démontré. Les effets cités viennent de la partie Recherche et des fiches, avec leurs sources.

    Ce que proposent des chercheurs de bords différents

    Pour chaque piste : qui la défend, ce que la preuve en dit, et sa limite. L’orientation qualifie la proposition, pas la personne : un même chercheur peut défendre des idées classées différemment selon les sujets. Références ouvertes à la source le 14 octobre 2026.

    OrientationPropositionChercheursCe que dit la preuveLimite
    Ordre publicLa certitude de la sanction plutôt que sa sévéritéNagin, 2013Le risque d’être pris dissuade davantage qu’un allongement des peines.Augmenter la certitude demande des moyens policiers et judiciaires.
    Prévention ciblée« Dissuasion focalisée » sur les groupes à haut risqueBraga, Weisburd et Turchan, 201824 évaluations : baisse modérée et significative de la criminalité.Effets plus faibles dans les études les plus rigoureuses.
    Alternatives à la prisonBracelet électronique au lieu de la détentionDi Tella et Schargrodsky, 2013Argentine : moins de récidive avec le bracelet qu’après la prison.Contexte et profils différents.
    RestauratriceMédiation entre victime et auteurSherman et Strang, 200736 comparaisons : moins de récidive pour certains auteurs, moins de stress post-traumatique chez les victimes.Effets variables selon le type d’infraction.
    Lectures · question de valeurs

    À quoi sert une peine ?

    Punir parce que c’est juste, dissuader, protéger, réparer, réinsérer : les chiffres ne disent pas lequel de ces buts doit primer. Dix traditions répondent, chacune par son meilleur argument et sa principale critique. L’ordre change à chaque visite.

    Qui décide de la justice et de la sécurité ?

    Le droit pénal, les tribunaux et les prisons relèvent de l’État fédéral, mais la sécurité de tous les jours se joue aussi dans les communes, et l’accompagnement des justiciables dans les Communautés.

    État fédéral

    • Code pénal et procédure pénale
    • Tribunaux, parquets, tribunaux de l’application des peines
    • Prisons et police fédérale

    Communautés

    • Maisons de justice (suivi des peines hors prison)
    • Délinquance des mineurs et protection de la jeunesse
    • Aide aux détenus et aux victimes

    Communes

    • Police locale, organisée en zones
    • Sanctions administratives communales et prévention

    Europe

    • Cour européenne des droits de l’homme (conditions de détention, procès équitable)
    • Coopération policière et judiciaire de l’Union (Europol, Eurojust, Parquet européen)
    Limites · ce que ces chiffres ne disent pas

    Six pièges à éviter.

    1. 1

      Confondre faits enregistrés et faits commis

      Une campagne de sensibilisation ou une priorité policière peut faire monter un chiffre sans que les faits augmentent. Pour les drogues, le chiffre dépend en grande partie de l’activité policière.

    2. 2

      Comparer des pays sans précaution

      Les codes pénaux, les règles d’enregistrement et les habitudes de plainte diffèrent. Même l’homicide, l’infraction la mieux mesurée, ne se compare qu’avec prudence.

    3. 3

      Oublier les ruptures

      Le nouveau Code pénal (septembre 2026) change les catégories d’infractions : les séries futures ne seront pas toujours comparables aux anciennes.

    4. 4

      Lire un chiffre de détenus sans sa date

      Au 1er janvier, beaucoup de détenus sont en congé : le Conseil de l’Europe signale que ce chiffre sous-estime la population habituelle des prisons belges.

    5. 5

      Comparer des nationalités sans le bon dénominateur

      Les détenus en séjour irrégulier ne figurent pas dans la population résidente. Rapporter leur nombre à cette population gonfle mécaniquement le taux.

    6. 6

      Confondre sentiment d’insécurité et risque

      9 % des habitants se sentaient souvent ou toujours en insécurité en 2021, contre 6 % en 2018. Ce sentiment compte, mais il n’évolue pas forcément comme la victimation.

    Prolongements

    Pour comprendre, il faut aussi examiner…

    Les phénomènes sont liés, mais deux chiffres qui évoluent ensemble ne s’expliquent pas forcément l’un par l’autre. Chaque lien dit pourquoi il est utile et où il s’arrête.

    • Dossier

      Immigration et asile

      Pourquoi ce lienÉtranger, né à l’étranger, demandeur d’asile : ces définitions sont nécessaires pour lire correctement la part d’étrangers en prison.

      Sa limiteLe dossier Immigration ne traite pas de la délinquance ; il donne le cadre et les chiffres de population nécessaires à la comparaison.

    Le dossier à venir sur les inégalités permettra d’examiner les liens entre conditions sociales et délinquance, avec les mêmes précautions.

    Vérifier sa compréhension · questions de transfert

    Et ailleurs, ça marche comment ?

    Ces questions ne testent pas la mémoire des chiffres : elles vérifient qu’on sait appliquer le mécanisme à une situation nouvelle. Chaque réponse est expliquée.

    1. Une ville lance une grande campagne « Victime de harcèlement ? Portez plainte ». L’année suivante, les plaintes pour harcèlement augmentent de 40 %. Que peut-on conclure ?

    2. Dans le pays A, 20 % des personnes libérées sont recondamnées dans les deux ans. Dans le pays B, 45 % retournent en prison dans les huit ans. Quel pays réinsère le mieux ?

    Citer ce dossier

    un chiffre juste, avec sa source →

    Sources · consultées le 11 octobre 2026

    D’où viennent ces chiffres.

    Niveau 1 · statistiques officielles

    1. Eurostat : crim_off_cat (infractions enregistrées), crim_pris_cap (détenus et capacité), crim_pris_ctz (détenus par nationalité), migr_pop1ctz (population).
    2. Police fédérale (2022). Résultats du Moniteur de sécurité 2021.
    3. Aebi, M. F. et Cocco, E. (2025). SPACE I – 2024. Council of Europe Annual Penal Statistics: Prison populations. Conseil de l’Europe et Université de Lausanne.

    Niveau 3 · institutions publiques

    1. Conseil central de surveillance pénitentiaire : communiqué du 18 avril 2025 ; avis sur la régulation carcérale, 10 février 2025 ; communiqué sur l’affaire Vasilescu, décembre 2024.
    2. Robert, L. et Maes, E. (2012). Wederopsluiting na vrijlating uit de gevangenis. INCC ; cité dans Maes, E., Mine, B. et Robert, L. (2015). La récidive après une décision judiciaire, INCC, rapport de recherche n° 38.
    3. Mine, B., Maes, E. et Robert, L. (2021). « Comparer des taux de récidive : la fausse bonne idée ? ». police.be, 6 octobre 2021.
    4. Police fédérale, « Comparer des taux de récidive : la fausse bonne idée ? ».
    5. Union des Villes et Communes de Wallonie, le nouveau Code pénal.

    Histoire et analyses

    1. Eisner, M. (2003). « Long-Term Historical Trends in Violent Crime ». Crime and Justice, 30, 83-142.
    2. Brion, F. (2014). « Ondes longues du capitalisme et chirurgie du corps social ». UCLouvain (lecture critique ; chiffres tirés des données de l’administration pénitentiaire).

    Niveau 6 · presse

    1. La Libre, 15 juin 2026 ; La Libre, sur l’affaire Dutroux.

    Niveau 2 · recherche

    Œuvres citées dans les lectures

    • Beccaria, C. (1764). Des délits et des peines.
    • Becker, G. (1968). « Crime and Punishment: An Economic Approach ». Journal of Political Economy, 76(2).
    • Bentham, J. (1789). An Introduction to the Principles of Morals and Legislation.
    • Braithwaite, J. (1989). Crime, Shame and Reintegration. Cambridge University Press.
    • Durkheim, É. (1895). Les Règles de la méthode sociologique.
    • Foucault, M. (1975). Surveiller et punir. Gallimard.
    • Kant, E. (1797). Métaphysique des mœurs, Doctrine du droit.
    • Rusche, G. et Kirchheimer, O. (1939). Punishment and Social Structure. Columbia University Press.
    • Wilson, J. Q. et Kelling, G. (1982). « Broken Windows ». The Atlantic Monthly.

    Rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle pour la collecte et la mise en forme ; chaque chiffre et chaque référence ont été vérifiés à la source, et la relecture finale est humaine. Les sites du SPF Justice et des statistiques policières n’ont pas pu être consultés automatiquement lors de la vérification : certains chiffres viennent donc d’organes de contrôle (CCSP) ou, quand c’est indiqué, de la presse. Une erreur ? Chaque correction est datée et publiée. Méthode complète : page Méthode.

    Journal des corrections · 11 octobre 2026 : première publication. 12 octobre 2026 : revérification à la source primaire ; deux chiffres de récidive (21 % et 44,1 %) maintenus mais rattachés à la bonne étude ; mention « aucune exécution après 1918 » retirée ; sources officielles (SPF Affaires étrangères, Chambre) au lieu d’une encyclopédie en ligne. 14 octobre 2026 : détenus dormant au sol mis à jour (record de 784 le 27 avril 2026 au lieu de 710 en mars, source de presse plus précise sur l’origine des chiffres).

    Comment citer ce dossier

    Bauchau, T. (2026). Justice et sécurité [dossier]. Au plus Juste, version du 11 octobre 2026. Consulté le …, à l’adresse https://auplusjuste.be/dossier-justice.html

    Pour un chiffre précis, citez aussi sa source primaire (indiquée sous chaque graphique) : Au plus Juste rassemble et explique des données, il ne les produit pas. Les données de chaque graphique sont téléchargeables (« Voir les données du graphique »). Code et données du site : dépôt public GitHub.