Chaque pays tient un inventaire des gaz à effet de serre émis sur son territoire : centrales, usines, voitures, chauffage, élevage, décharges. En 2024, la Belgique a émis 98,0 millions de tonnes d’équivalent CO₂, contre 145,5 millions en 1990. Ce chiffre ne compte ni les forêts et les sols, ni les émissions liées aux biens importés.
Pourquoi le chiffre surprend
La baisse est réelle, mais plus lente que dans l’ensemble de l’Union (−38,0 %). Elle vient surtout de la production d’électricité et de l’industrie ; les émissions du transport, elles, ont augmenté.
Pour réutiliser cette idée
Devant un chiffre d’émissions, demandez : depuis quelle année de référence, avec ou sans forêts, et sur le territoire ou en tenant compte des importations ?
Dossier 09 · une question du débat
Climat et énergie
La Belgique réduit-elle ses émissions, et à quel prix ? Trente-cinq ans d’inventaires, trois fiches, l’état de la recherche et dix lectures pour en débattre.
−32,6 %d’émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2024, contre −38,0 % dans l’UnionEurostat sdg_13_10 et env_air_gge
14,3 %d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie, la part la plus basse de l’Union (Union : 25,2 %)Eurostat nrg_ind_ren, 2024
40,5 %de l’électricité produite en Belgique vient du nucléaire, 34,4 % des renouvelablesEurostat nrg_bal_peh, 2024
+19 %d’émissions du transport depuis 1990 : le seul grand secteur en hausseEurostat env_air_gge, 2024
✓Dossier vérifié le 11 octobre 2026 · 22 affirmations contrôlées à la source · 28 sources liées · voir le registre · corrections Prochaine mise à jour : inventaire 2025 des émissions (printemps-été 2027)
Comprendre en deux minutes
La Belgique réduit-elle ses émissions, et à quel prix ?
Oui, mais moins vite que la moyenne européenne : −32,6 % entre 1990 et 2024, contre −38,0 % pour l’Union. La baisse vient surtout de la production d’électricité, de l’industrie et des déchets ; le transport émet davantage qu’en 1990. La Belgique est le pays de l’Union où la part des renouvelables dans l’énergie consommée est la plus faible, et elle importe les trois quarts de son énergie. L’objectif imposé par la justice en 2023, −55 % en 2030, suppose d’aller beaucoup plus vite.
Les inventaires comptent les émissions produites sur le territoire, pas celles des biens importés.
La baisse est très inégale selon les secteurs : forte pour l’électricité et l’industrie, inexistante pour le transport, qui émet davantage qu’en 1990.
Le prix de l’énergie et la capacité des ménages à se chauffer font partie de la question climatique.
Les émissions viennent des inventaires que chaque pays transmet à l’ONU et à l’Union ; les chiffres d’énergie, des bilans énergétiques publiés par Eurostat. Ils ne mesurent pas la même chose.
Territoire
Les émissions
Inventaires nationaux, Eurostat
Gaz à effet de serre émis sur le territoire en un an, convertis en tonnes d’équivalent CO₂. On peut compter ou non ce qu’absorbent les forêts et les sols ; l’aviation et la navigation internationales sont à part.
Sert à : suivre les engagements climatiques d’un pays.
Énergie
La part des renouvelables
Eurostat, selon la directive européenne
Part de l’énergie renouvelable (vent, soleil, biomasse, chaleur ambiante, hydraulique) dans la consommation finale brute d’énergie : électricité, chaleur et carburants, pas seulement l’électricité.
Sert à : mesurer la transformation du système énergétique.
Approvisionnement
La dépendance énergétique
Eurostat
Part de l’énergie disponible couverte par des importations nettes. Par convention, l’électricité nucléaire compte comme une production nationale, même si l’uranium est importé.
Sert à : mesurer l’exposition aux marchés et aux fournisseurs étrangers.
→ un pays peut produire une électricité peu carbonée et rester très dépendant de l’étranger
Un plateau jusqu’en 2005, puis une baisse par à-coups.
Pendant quinze ans, les émissions belges restent proches de leur niveau de 1990. Elles baissent ensuite, avec deux chutes brutales lors des crises de 2009 et de 2020, suivies de rebonds. L’Union, elle, baisse dès les années 1990.
Émissions de gaz à effet de serre hors forêts et sols (UTCATF), indice 1990 = 100, Belgique (trait plein) et Union à 27 (pointillés), 1990-2024. Sources : Eurostat, sdg_13_10 (Belgique) et env_air_gge (Union, indice calculé par Au plus Juste), consulté le 11 octobre 2026. La bande grise marque la période d’engagement de Kyoto (2008-2012).
1997
Kyoto
Dans le partage de l’effort européen, la Belgique s’engage à réduire ses émissions de 7,5 % sur 2008-2012 par rapport à 1990. Sur ces cinq ans, ses émissions intérieures sont en moyenne inférieures de 12 % à 1990 (calcul sur les données Eurostat ; la comptabilité officielle de Kyoto suit des règles propres).
2003
La sortie du nucléaire
Une loi interdit la construction de nouvelles centrales et limite l’exploitation des réacteurs à quarante ans, avec des fermetures prévues entre 2015 et 2025.
2005
Le marché du carbone
L’Union lance son système d’échange de quotas d’émission : centrales et grandes usines doivent détenir un quota pour chaque tonne de CO₂ émise.
2015
L’accord de Paris
Les États s’engagent à contenir le réchauffement nettement en dessous de 2 °C. L’Union se fixe ensuite −55 % d’émissions nettes en 2030 par rapport à 1990 et la neutralité climatique en 2050.
2023
La Klimaatzaak
Saisie par l’association Klimaatzaak et des citoyens, la cour d’appel de Bruxelles condamne l’État fédéral, la Flandre et Bruxelles à réduire les émissions de 55 % en 2030 par rapport à 1990. Elle ne retient pas de faute de la Wallonie.
2022-2025
Fermer, puis prolonger
Doel 3 (2022), Tihange 2 (2023), Doel 1, Tihange 1 et Doel 2 (2025) ferment. Doel 4 et Tihange 3 sont prolongés de dix ans après un accord avec Engie, et la Chambre vote le 15 mai 2025 la loi du 17 mai 2025 portant diverses dispositions en matière d’énergie nucléaire, qui supprime l’interdiction de construire de nouvelles centrales et le calendrier de fermeture prévus par la loi de 2003.
Faux. Elles ont baissé de 32,6 % entre 1990 et 2024. Mais la baisse est plus lente que dans l’Union (−38,0 %), et par habitant la Belgique reste au neuvième rang des émissions nettes les plus élevées des 27.
Idée reçue
« Les émissions baissent dans tous les secteurs. »
Faux. Le transport émettait 21,0 millions de tonnes en 1990 et 24,9 millions en 2024 (+19 %). C’est désormais le premier secteur émetteur, avec un quart du total.
Idée reçue
« Avec le nucléaire, la Belgique produit son énergie. »
En partie seulement. L’électricité nucléaire compte, par convention, comme une production nationale, mais l’uranium est importé, et l’électricité n’est qu’une partie de l’énergie consommée. Même avec ses réacteurs, la Belgique importait 75,4 % de son énergie en 2024.
Fiche 01 · fait
L’électricité et l’industrie baissent, le transport augmente.
Depuis 1990, les émissions de la production d’énergie ont été divisées par deux et celles des déchets par quatre. Le chauffage des bâtiments, l’industrie et l’agriculture baissent aussi. Le transport fait exception : il représente aujourd’hui 25 % des émissions. Par habitant, les émissions (hors forêts et sols) sont passées de 14,6 tonnes en 1990 à 8,3 tonnes en 2024.
Émissions de gaz à effet de serre par secteur, Belgique, 1990 et 2024, en millions de tonnes d’équivalent CO₂. « Bâtiments et autres » regroupe le chauffage des logements, des bureaux et des exploitations agricoles. Source : Eurostat, env_air_gge ; par habitant : sdg_13_10. Consulté le 11 octobre 2026.
attention
Les deux plus fortes baisses annuelles, en 2009 (−9 %) et en 2020 (−8 %), correspondent à la crise financière et à la pandémie, et ont été suivies de rebonds. Une baisse d’une année sur l’autre ne prouve pas l’efficacité d’une politique.
L’inventaire des émissions
Ce qu’il permet de dire
Combien de gaz à effet de serre sont émis sur le territoire, et par quel secteur.
Si un pays tient ses engagements, avec une méthode commune fixée par l’ONU.
Comparer les pays et les années.
Ce qu’il ne permet pas de dire
Les émissions liées aux biens importés et consommés en Belgique.
L’aviation et la navigation internationales, comptées à part.
Pourquoi les émissions ont baissé : politiques, crises, délocalisations ou météo.
Pour aller plus loin
L’empreinte carbone, qui compte la consommation.
Les émissions par Région.
Fiche 02 · fait
Beaucoup de nucléaire, peu de renouvelables.
En 2024, la Belgique produit 40,5 % de son électricité dans ses centrales nucléaires, 34,4 % à partir de renouvelables et 18,4 % au gaz. Mais l’électricité n’est qu’une partie de l’énergie : sur l’ensemble de la consommation (chauffage et carburants compris), les renouvelables pèsent 14,3 %, le niveau le plus bas de l’Union.
Les renouvelables passent de 1,9 % à 14,3 % de l’énergie consommée en vingt ans, loin de la moyenne de l’Union (25,2 %)Part des renouvelables : dans la consommation finale brute d’énergie, 2004-2024, en % · trait plein : Belgique, pointillés : UnionLe charbon a disparu ; le nucléaire reste la première source d’électricité en 2024Production d’électricité : Belgique, 1990-2024, en térawattheures · orange : nucléaire, vert : renouvelables, gris : gaz, pointillés foncés : charbon
Sources : Eurostat, nrg_ind_ren (donnée provisoire 2025 : 14,9 % pour la Belgique, 26,2 % pour l’Union), nrg_bal_peh (production brute d’électricité, 1990-2024 ; années 1990-1999 et charbon consultés le 14 octobre 2026) et nrg_ind_id (dépendance énergétique), consulté le 11 octobre 2026.
attention
La production nucléaire varie fortement d’une année à l’autre : 26,1 TWh en 2015, 50,3 TWh en 2021. Les années où elle est la plus basse (2015, 2018) sont aussi celles où la dépendance énergétique mesurée est la plus haute (84,2 % et 83,0 %, contre 75,4 % en 2024). C’est en partie un effet de la convention statistique : quand les réacteurs tournent moins, l’énergie importée pèse davantage.
La part des renouvelables
Ce qu’elle permet de dire
Quelle part de toute l’énergie consommée vient de sources renouvelables.
Comparer les pays avec la règle de calcul de la directive européenne.
Ce qu’elle ne permet pas de dire
Si l’énergie est peu carbonée : le nucléaire n’est pas renouvelable, mais émet peu de CO₂.
La part dans la seule électricité, beaucoup plus élevée.
Les conditions naturelles : vent, soleil et hydraulique ne sont pas les mêmes partout.
Pour aller plus loin
La part des renouvelables par usage : électricité, chaleur, transport.
Les échanges d’électricité avec les pays voisins.
Fiche 03 · fait
Une électricité chère, et des ménages qui ne se chauffent pas.
Pour un ménage moyen (2 500 à 5 000 kWh par an), le kilowattheure coûtait 35,0 centimes toutes taxes comprises au second semestre 2025, contre 29,0 dans l’Union : le troisième prix le plus élevé des 27, en euros. Pendant la crise de 2022, il a atteint 44,9 centimes. Ces prix sont en euros courants : une fois l’inflation déduite, les 28,4 centimes du premier semestre 2019 valent environ 35,7 centimes de 2025, si bien que le prix de fin 2025 est revenu à peu près au niveau réel de 2019, et le pic de 2022 correspond à environ 49 centimes de 2025. En 2022, la part des habitants incapables de chauffer convenablement leur logement est passée de 3,5 % (2021) à 5,0 %, puis 6,0 % en 2023.
Prix de l’électricité pour les ménages (consommation de 2 500 à 4 999 kWh par an), toutes taxes et prélèvements compris, en centimes d’euro par kWh, par semestre, depuis 2007 (début de la série actuelle d’Eurostat ; Belgique à partir du second semestre 2007 ; semestres 2007-2018 consultés le 14 octobre 2026) ; trait plein : Belgique, pointillés : Union. Source : Eurostat, nrg_pc_204, consulté le 11 octobre 2026 ; Union disponible jusqu’au second semestre 2025. Bouton « euros de 2025 » (calcul Au plus Juste) : chaque prix est divisé par l’indice des prix à la consommation harmonisé en moyenne annuelle, belge pour la Belgique, européen pour l’Union ; le premier semestre 2026 n’est pas converti, faute d’indice annuel 2026 (Eurostat, prc_hicp_ainr, 2025 = 100 ; Belgique 2007 : 63,57, 2019 : 79,54, 2022 : 90,97 ; Union 2007 : 65,79, 2019 : 79,06, 2022 : 89,43) ; appliquer une moyenne annuelle à un prix semestriel est une approximation, d’où le mot « environ ».
Belgique
4,2 %
des habitants ne peuvent pas chauffer convenablement leur logement, 2025
Sous le seuil de pauvreté
13,2 %
des personnes à risque de pauvreté sont dans ce cas
Union
8,8 %
en 2025, contre 10,6 % en 2023
Source : Eurostat, ilc_mdes01 (enquête SILC, réponse déclarée par les ménages ; rupture de série en 2019 pour la Belgique), consulté le 11 octobre 2026.
Le prix moyen de l’électricité
Ce qu’il permet de dire
Ce que paie un ménage type par kilowattheure, taxes comprises.
Comment ce prix évolue, et le comparer entre pays avec la même méthode.
Ce qu’il ne permet pas de dire
Le poids de la facture dans le budget : il faut tenir compte des revenus et du pouvoir d’achat de chaque pays.
Ce que paient les ménages au tarif social, aux contrats fixes ou très consommateurs.
Le coût du chauffage au gaz ou au mazout, mesuré à part.
Pour aller plus loin
Les prix en parité de pouvoir d’achat.
La part des taxes et des coûts de réseau dans la facture.
Ce dossier en Europe · 27 pays
Et ailleurs en Europe ?
Choisissez un pays : les chiffres clés et les questions du débat se mettent à jour avec les données d’Eurostat, établies selon les mêmes définitions dans les 27 pays de l’Union.
Les autres parties de ce dossier (histoire, fiches, recherche, « qui décide ») portent sur la Belgique : elles n’ont pas encore été rédigées pour . Seuls les chiffres de cette section changent avec le pays.
Les chiffres de la Belgique
Questions du débat, en chiffres
Réponses calculées à partir des données : elles situent le pays parmi les autres, elles n’expliquent pas pourquoi.
Comparer les pays
Cochez ou décochez les pays ; le tableau sous le graphique donne les valeurs exactes. Tous les indicateurs : page Comparer.
Recherche · ce que savent les chercheurs
Trois questions, trois niveaux de preuve.
Chaque conclusion porte un badge (adapté de la grille du GIEC) et chaque étude, selon sa nature, son niveau sur l’échelle de Maryland (évaluations d’impact, de 1 à 5) ou son type (méta-analyse, revue, statistique officielle, étude descriptive…). Voir la méthode.
ÉtabliMajoritaireDébattuPeu étudié
Comment ces études ont été choisies
Ce n’est pas une revue systématique : la sélection est raisonnée, pas exhaustive. Les études sont cherchées dans les revues de littérature et méta-analyses récentes, dans les bases d’articles et de documents de travail en sciences sociales (Google Scholar, RePEc, NBER, IZA) et dans les publications des institutions et centres de recherche belges (Banque nationale, Bureau fédéral du Plan, Conseil supérieur de l’emploi, universités).
Retenues : les études publiées (revue à comité de lecture, document de travail d’une institution reconnue ou rapport public), dont la méthode est décrite, portant sur la Belgique ou sur un pays comparable ; les études belges sont privilégiées quand elles existent. Écartées : les textes d’opinion, les études sans méthode décrite et celles qui n’ont pas pu être lues à la source. Quand des études sérieuses aboutissent à des conclusions opposées, le badge « Débattu » l’indique et les deux côtés sont cités.
Une étude importante manque ? Signalez-la (voir la méthode, point 07).
Du chiffre à la décision
Quatre leviers, et aucun sans contrepartie.
Réduire les émissions, garder une énergie abordable, sécuriser l’approvisionnement, ménager les finances publiques : ces objectifs entrent souvent en tension. Pour chaque levier : le mécanisme, ce qui est documenté, ce qui reste incertain et ce qu’on sacrifie. Le site ne recommande aucune combinaison.
Donner un prix au carbone
Le mécanisme
Faire payer chaque tonne émise, par une taxe ou un marché de quotas, pour rendre les solutions sobres plus rentables.
Ce qui est documenté
documenté Le marché européen du carbone a réduit les émissions des secteurs couverts (Bayer et Aklin, 2020 ; Colmer et al., 2025) ; la taxe suédoise a réduit celles du transport (Andersson, 2019).
Ce qui reste incertain
hypothèse L’acceptation sociale d’une hausse des prix pour le chauffage et la voiture, et l’effet d’une redistribution des recettes sur cette acceptation.
Ce qu’on sacrifie
Le pouvoir d’achat des ménages qui dépendent de la voiture ou d’un chauffage fossile, si rien ne compense.
Imposer des normes
Le mécanisme
Fixer des exigences : performance énergétique des bâtiments neufs, émissions des voitures neuves, interdiction de certains équipements.
Ce qui est documenté
documenté Le transport est le seul grand secteur dont les émissions ont augmenté depuis 1990 en Belgique (+19 %, Eurostat).
Ce qui reste incertain
hypothèse Le coût par tonne évitée des normes, comparé à un prix du carbone, et la rapidité du renouvellement des voitures et des logements.
Ce qu’on sacrifie
Une part de liberté de choix, et un coût pour ceux qui ne peuvent pas s’équiper.
Subventionner l’efficacité
Le mécanisme
Aider à isoler les logements, à remplacer les chaudières ou à acheter des équipements moins gourmands.
Ce qui est documenté
documenté Dans un grand programme américain d’isolation, les économies réelles ont été environ 2,5 fois plus faibles que prévu (Fowlie, Greenstone et Wolfram, 2018).
Ce qui reste incertain
Si ce résultat se transpose au parc de logements belge, ancien et peu isolé.
Ce qu’on sacrifie
Un coût budgétaire, et des aides qui profitent en partie à ceux qui auraient investi de toute façon hypothèse.
Miser sur le nucléaire
Le mécanisme
Prolonger les réacteurs existants, voire en construire de nouveaux, pour produire une électricité peu carbonée et pilotable.
Ce qui est documenté
documenté Le nucléaire a produit 40,5 % de l’électricité belge en 2024 (Eurostat) ; deux réacteurs sur sept restent en service.
Ce qui reste incertain
hypothèse Le coût et le délai de nouvelles capacités, et leur place face à l’éolien, au solaire et aux importations.
Ce qu’on sacrifie
La gestion des déchets sur le très long terme, un risque d’accident, et des engagements financiers de plusieurs décennies.
Les arbitrages : on ne peut pas tout maximiser à la fois
Si l’on privilégie…
… on prend le risque de sacrifier
Une baisse rapide des émissions
Le pouvoir d’achat à court terme, ou l’activité de certaines industries
Une énergie bon marché
Le signal-prix qui pousse à consommer moins
L’autonomie énergétique
Le recours aux importations, souvent moins chères à court terme
Des aides généreuses
L’équilibre des finances publiques
« Documenté » signifie établi par des études ou des statistiques officielles ; « hypothèse » signifie plausible mais non démontré. Les effets cités viennent de la partie Recherche et des fiches, avec leurs sources.
Ce que proposent des chercheurs de bords différents
Pour chaque piste : qui la défend, ce que la preuve en dit, et sa limite. L’orientation qualifie la proposition, pas la personne : un même chercheur peut défendre des idées classées différemment selon les sujets. Références ouvertes à la source le 14 octobre 2026.
Orientation
Proposition
Chercheurs
Ce que dit la preuve
Limite
Taxe carbone redistribuée (conservateur)
Taxe carbone dont les recettes sont rendues aux citoyens, en échange de moins de régulations
Très contesté par les tenants de la croissance verte : à présenter comme une position, pas un résultat
Lectures · question de valeurs
Que devons-nous aux générations futures ?
Faut-il agir vite quoi qu’il en coûte, faire confiance au prix et à l’innovation, ou changer de modèle ? Les chiffres ne tranchent pas. Dix traditions répondent, chacune par son meilleur argument et sa principale critique. L’ordre change à chaque visite.
Qui décide de la politique climatique ?
En Belgique, le climat et l’énergie sont partagés entre l’État fédéral et les Régions, dans un cadre fixé en grande partie par l’Union européenne. La cour d’appel a d’ailleurs jugé séparément le fédéral et chaque Région.
Union européenne
Objectif de −55 % en 2030 et de neutralité en 2050
Marché du carbone pour l’électricité et l’industrie
Objectif belge de −47 % en 2030 (par rapport à 2005) pour le transport, les bâtiments, l’agriculture et les déchets
État fédéral
Nucléaire, sécurité d’approvisionnement, éolien en mer du Nord
Fiscalité (accises, TVA) et tarif social de l’énergie
Chemins de fer
Régions
Environnement, renouvelables sur terre, primes à la rénovation
Performance énergétique des bâtiments, distribution du gaz et de l’électricité
Transports publics régionaux, agriculture
Tribunaux
Klimaatzaak : objectif de −55 % imposé en 2023 au fédéral, à la Flandre et à Bruxelles
Contrôle du respect des droits fondamentaux
Limites · ce que ces chiffres ne disent pas
Six pièges à éviter.
1
Oublier les émissions importées
L’inventaire compte ce qui est émis sur le territoire. Un pays qui importe davantage de biens fabriqués ailleurs peut voir ses émissions baisser sans que sa consommation en émette moins.
2
Mélanger les années de référence
−32,6 % depuis 1990 et −32,3 % depuis 2005 : les objectifs européens utilisent l’une ou l’autre année. Comparer un chiffre à un objectif suppose la même référence.
3
Compter ou non les forêts
Avec les forêts et les sols, la Belgique émet 97,4 millions de tonnes nettes en 2024 ; sans, 98,0. Dans d’autres pays, l’écart est énorme : la Suède passe sous zéro.
4
Lire une année comme une tendance
Un hiver doux, une crise économique ou l’arrêt de réacteurs nucléaires font varier les chiffres d’une année sur l’autre. Seule une série longue montre une tendance.
5
Confondre renouvelable et bas carbone
Le nucléaire n’est pas renouvelable, mais il émet peu de CO₂. La part des renouvelables ne dit donc pas, à elle seule, si l’énergie d’un pays est propre.
6
Comparer des prix sans les revenus
Les prix de l’énergie sont donnés en euros courants. Un kilowattheure à 35 centimes ne pèse pas le même poids dans tous les budgets ni dans tous les pays.
Prolongements
Pour comprendre, il faut aussi examiner…
Les phénomènes sont liés, mais deux chiffres qui évoluent ensemble ne s’expliquent pas forcément l’un par l’autre. Chaque lien dit pourquoi il est utile et où il s’arrête.
Pourquoi ce lienLes ménages sous le seuil de pauvreté sont trois fois plus nombreux à ne pas pouvoir chauffer leur logement (13,2 % contre 4,2 % pour l’ensemble en 2025) : le coût de la transition ne pèse pas sur tous de la même façon.
Sa limiteL’incapacité à se chauffer dépend aussi de l’état du logement et du statut de locataire ou de propriétaire, que ces chiffres ne détaillent pas.
Pourquoi ce lienPrimes à la rénovation, tarif social, fiscalité de l’énergie, investissements dans les réseaux : une grande partie de la politique énergétique passe par le budget.
Sa limiteLe dossier Finances ne chiffre pas séparément les dépenses liées au climat et à l’énergie.
Vérifier sa compréhension · questions de transfert
Et ailleurs, ça marche comment ?
Ces questions ne testent pas la mémoire des chiffres : elles vérifient qu’on sait appliquer le mécanisme à une situation nouvelle. Chaque réponse est expliquée.
1. Un pays ferme ses aciéries et importe désormais tout son acier. Que deviennent ses émissions dans l’inventaire national ?
Pas tout à fait. L’inventaire compte ce qui est émis sur le territoire, pas ce qui y est consommé.
Exact. Les émissions des aciéries étrangères sont comptées dans les pays producteurs.
Pas tout à fait. Le transport maritime international est compté à part, hors du total national.
Le mécanisme à retenir : l’inventaire est territorial. Pour savoir ce qu’un pays fait émettre par sa consommation, il faut une empreinte carbone, qui ajoute les importations et retire les exportations.
2. Un pays remplace ses centrales nucléaires par des centrales au gaz importé. Que devient sa part de renouvelables ?
Pas tout à fait. Le nucléaire n’est pas compté parmi les renouvelables.
Pas tout à fait. Le gaz n’est pas renouvelable, et il émet du CO₂, contrairement au nucléaire en fonctionnement.
Exact. Ni le nucléaire ni le gaz ne sont renouvelables ; mais le gaz émet du CO₂ et, importé, augmente la dépendance mesurée.
Le mécanisme à retenir : part des renouvelables, émissions et dépendance sont trois indicateurs distincts. Un même choix peut en améliorer un et en dégrader un autre.
Chambre des représentants, DOC 56 0318/009 (texte adopté en commission le 8 mai 2025 : articles abrogeant les dispositions de la loi du 31 janvier 2003) ; loi du 17 mai 2025 portant diverses dispositions en matière d’énergie nucléaire ; VRT, 16 mai 2025 (date du vote en plénière) ; La Libre, 31 janvier 2023 (Tihange 2).
Georgescu-Roegen, N. (1971). The Entropy Law and the Economic Process. Harvard University Press.
Hardin, G. (1968). « The Tragedy of the Commons ». Science, 162(3859), 1243-1248.
Jevons, W. S. (1865). The Coal Question. Macmillan.
Jonas, H. (1979). Das Prinzip Verantwortung (trad. Le Principe responsabilité).
Latour, B. (2017). Où atterrir ? La Découverte.
Nordhaus, W. (2013). The Climate Casino. Yale University Press.
Ostrom, E. (1990). Governing the Commons. Cambridge University Press.
Stern, N. (2006). The Economics of Climate Change: The Stern Review. HM Treasury.
Rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle pour la collecte et la mise en forme ; chaque chiffre et chaque référence ont été vérifiés à la source, et la relecture finale est humaine. Les dates de fin d’exploitation de Doel 4 et Tihange 3 diffèrent selon les sources consultées : elles ne sont pas reprises. Une erreur ? Chaque correction est datée et publiée. Méthode complète : page Méthode.
Journal des corrections · 11 octobre 2026 : première publication. 12 octobre 2026 : revérification à la source primaire ; Klimaatzaak : commentaire académique au lieu d’un article de presse, chiffre de « 58 000 citoyens » retiré (non confirmé) ; prix de l’électricité consultables en euros de 2025. 14 octobre 2026 : fin de la sortie du nucléaire décrite d’après la loi du 17 mai 2025, qui n’abroge pas entièrement la loi de 2003. Ajout : indicateurs belges de précarité énergétique 2024 (SPF Économie) dans la partie Recherche. Séries longues : production d’électricité depuis 1990, avec le charbon ; prix de l’électricité depuis 2007.
Comment citer ce dossier
Bauchau, T. (2026). Climat et énergie [dossier]. Au plus Juste, version du 11 octobre 2026. Consulté le …, à l’adresse https://auplusjuste.be/dossier-climat.html
Pour un chiffre précis, citez aussi sa source primaire (indiquée sous chaque graphique) : Au plus Juste rassemble et explique des données, il ne les produit pas. Les données de chaque graphique sont téléchargeables (« Voir les données du graphique »). Code et données du site : dépôt public GitHub.