Dossier 09 · Climat et énergie · avant de lire

Selon vous, de combien les émissions de gaz à effet de serre de la Belgique ont-elles baissé depuis 1990 ?

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Dossier 09 · une question du débat

Climat et énergie

La Belgique réduit-elle ses émissions, et à quel prix ? Trente-cinq ans d’inventaires, trois fiches, l’état de la recherche et dix lectures pour en débattre.

−32,6 %d’émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2024, contre −38,0 % dans l’UnionEurostat sdg_13_10 et env_air_gge
14,3 %d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie, la part la plus basse de l’Union (Union : 25,2 %)Eurostat nrg_ind_ren, 2024
40,5 %de l’électricité produite en Belgique vient du nucléaire, 34,4 % des renouvelablesEurostat nrg_bal_peh, 2024
+19 %d’émissions du transport depuis 1990 : le seul grand secteur en hausseEurostat env_air_gge, 2024

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Prochaine mise à jour : inventaire 2025 des émissions (printemps-été 2027)

Comprendre en deux minutes

La Belgique réduit-elle ses émissions, et à quel prix ?

Oui, mais moins vite que la moyenne européenne : −32,6 % entre 1990 et 2024, contre −38,0 % pour l’Union. La baisse vient surtout de la production d’électricité, de l’industrie et des déchets ; le transport émet davantage qu’en 1990. La Belgique est le pays de l’Union où la part des renouvelables dans l’énergie consommée est la plus faible, et elle importe les trois quarts de son énergie. L’objectif imposé par la justice en 2023, −55 % en 2030, suppose d’aller beaucoup plus vite.

  1. Les inventaires comptent les émissions produites sur le territoire, pas celles des biens importés.
  2. La baisse est très inégale selon les secteurs : forte pour l’électricité et l’industrie, inexistante pour le transport, qui émet davantage qu’en 1990.
  3. Le prix de l’énergie et la capacité des ménages à se chauffer font partie de la question climatique.
Approfondir ↓
Avant les chiffres · les définitions

Trois indicateurs qu’on confond souvent.

Les émissions viennent des inventaires que chaque pays transmet à l’ONU et à l’Union ; les chiffres d’énergie, des bilans énergétiques publiés par Eurostat. Ils ne mesurent pas la même chose.

Territoire

Les émissions

Inventaires nationaux, Eurostat

Gaz à effet de serre émis sur le territoire en un an, convertis en tonnes d’équivalent CO₂. On peut compter ou non ce qu’absorbent les forêts et les sols ; l’aviation et la navigation internationales sont à part.

Sert à : suivre les engagements climatiques d’un pays.

Énergie

La part des renouvelables

Eurostat, selon la directive européenne

Part de l’énergie renouvelable (vent, soleil, biomasse, chaleur ambiante, hydraulique) dans la consommation finale brute d’énergie : électricité, chaleur et carburants, pas seulement l’électricité.

Sert à : mesurer la transformation du système énergétique.

Approvisionnement

La dépendance énergétique

Eurostat

Part de l’énergie disponible couverte par des importations nettes. Par convention, l’électricité nucléaire compte comme une production nationale, même si l’uranium est importé.

Sert à : mesurer l’exposition aux marchés et aux fournisseurs étrangers.

→ un pays peut produire une électricité peu carbonée et rester très dépendant de l’étranger

Histoire · de Kyoto aux tribunaux

Un plateau jusqu’en 2005, puis une baisse par à-coups.

Pendant quinze ans, les émissions belges restent proches de leur niveau de 1990. Elles baissent ensuite, avec deux chutes brutales lors des crises de 2009 et de 2020, suivies de rebonds. L’Union, elle, baisse dès les années 1990.

Émissions de gaz à effet de serre hors forêts et sols (UTCATF), indice 1990 = 100, Belgique (trait plein) et Union à 27 (pointillés), 1990-2024. Sources : Eurostat, sdg_13_10 (Belgique) et env_air_gge (Union, indice calculé par Au plus Juste), consulté le 11 octobre 2026. La bande grise marque la période d’engagement de Kyoto (2008-2012).

  1. 1997

    Kyoto

    Dans le partage de l’effort européen, la Belgique s’engage à réduire ses émissions de 7,5 % sur 2008-2012 par rapport à 1990. Sur ces cinq ans, ses émissions intérieures sont en moyenne inférieures de 12 % à 1990 (calcul sur les données Eurostat ; la comptabilité officielle de Kyoto suit des règles propres).

  2. 2003

    La sortie du nucléaire

    Une loi interdit la construction de nouvelles centrales et limite l’exploitation des réacteurs à quarante ans, avec des fermetures prévues entre 2015 et 2025.

  3. 2005

    Le marché du carbone

    L’Union lance son système d’échange de quotas d’émission : centrales et grandes usines doivent détenir un quota pour chaque tonne de CO₂ émise.

  4. 2015

    L’accord de Paris

    Les États s’engagent à contenir le réchauffement nettement en dessous de 2 °C. L’Union se fixe ensuite −55 % d’émissions nettes en 2030 par rapport à 1990 et la neutralité climatique en 2050.

  5. 2023

    La Klimaatzaak

    Saisie par l’association Klimaatzaak et des citoyens, la cour d’appel de Bruxelles condamne l’État fédéral, la Flandre et Bruxelles à réduire les émissions de 55 % en 2030 par rapport à 1990. Elle ne retient pas de faute de la Wallonie.

  6. 2022-2025

    Fermer, puis prolonger

    Doel 3 (2022), Tihange 2 (2023), Doel 1, Tihange 1 et Doel 2 (2025) ferment. Doel 4 et Tihange 3 sont prolongés de dix ans après un accord avec Engie, et la Chambre vote le 15 mai 2025 la loi du 17 mai 2025 portant diverses dispositions en matière d’énergie nucléaire, qui supprime l’interdiction de construire de nouvelles centrales et le calendrier de fermeture prévus par la loi de 2003.

Kyoto : Chambre des représentants, DOC 51 1034/001, 21 avril 2004. Loi de 2003 : Climate Change Laws of the World. Union : règlement (UE) 2021/1119, « loi européenne sur le climat ». Klimaatzaak : Slautsky, European Constitutional Law Review, 2024 (commentaire académique de l’arrêt du 30 novembre 2023). Réacteurs : World Nuclear News, 2022 ; Engie Electrabel ; World Nuclear Association. Abrogation : VRT, 16 mai 2025.

Trois idées reçues

Idée reçue

« La Belgique ne réduit pas ses émissions. »

Faux. Elles ont baissé de 32,6 % entre 1990 et 2024. Mais la baisse est plus lente que dans l’Union (−38,0 %), et par habitant la Belgique reste au neuvième rang des émissions nettes les plus élevées des 27.

Idée reçue

« Les émissions baissent dans tous les secteurs. »

Faux. Le transport émettait 21,0 millions de tonnes en 1990 et 24,9 millions en 2024 (+19 %). C’est désormais le premier secteur émetteur, avec un quart du total.

Idée reçue

« Avec le nucléaire, la Belgique produit son énergie. »

En partie seulement. L’électricité nucléaire compte, par convention, comme une production nationale, mais l’uranium est importé, et l’électricité n’est qu’une partie de l’énergie consommée. Même avec ses réacteurs, la Belgique importait 75,4 % de son énergie en 2024.

Fiche 01 · fait

L’électricité et l’industrie baissent, le transport augmente.

Depuis 1990, les émissions de la production d’énergie ont été divisées par deux et celles des déchets par quatre. Le chauffage des bâtiments, l’industrie et l’agriculture baissent aussi. Le transport fait exception : il représente aujourd’hui 25 % des émissions. Par habitant, les émissions (hors forêts et sols) sont passées de 14,6 tonnes en 1990 à 8,3 tonnes en 2024.

Émissions de gaz à effet de serre par secteur, Belgique, 1990 et 2024, en millions de tonnes d’équivalent CO₂. « Bâtiments et autres » regroupe le chauffage des logements, des bureaux et des exploitations agricoles. Source : Eurostat, env_air_gge ; par habitant : sdg_13_10. Consulté le 11 octobre 2026.

attention

Les deux plus fortes baisses annuelles, en 2009 (−9 %) et en 2020 (−8 %), correspondent à la crise financière et à la pandémie, et ont été suivies de rebonds. Une baisse d’une année sur l’autre ne prouve pas l’efficacité d’une politique.

L’inventaire des émissions

Ce qu’il permet de dire

  • Combien de gaz à effet de serre sont émis sur le territoire, et par quel secteur.
  • Si un pays tient ses engagements, avec une méthode commune fixée par l’ONU.
  • Comparer les pays et les années.

Ce qu’il ne permet pas de dire

  • Les émissions liées aux biens importés et consommés en Belgique.
  • L’aviation et la navigation internationales, comptées à part.
  • Pourquoi les émissions ont baissé : politiques, crises, délocalisations ou météo.

Pour aller plus loin

  • L’empreinte carbone, qui compte la consommation.
  • Les émissions par Région.
Fiche 02 · fait

Beaucoup de nucléaire, peu de renouvelables.

En 2024, la Belgique produit 40,5 % de son électricité dans ses centrales nucléaires, 34,4 % à partir de renouvelables et 18,4 % au gaz. Mais l’électricité n’est qu’une partie de l’énergie : sur l’ensemble de la consommation (chauffage et carburants compris), les renouvelables pèsent 14,3 %, le niveau le plus bas de l’Union.

Les renouvelables passent de 1,9 % à 14,3 % de l’énergie consommée en vingt ans, loin de la moyenne de l’Union (25,2 %)Part des renouvelables : dans la consommation finale brute d’énergie, 2004-2024, en % · trait plein : Belgique, pointillés : Union
Le charbon a disparu ; le nucléaire reste la première source d’électricité en 2024Production d’électricité : Belgique, 1990-2024, en térawattheures · orange : nucléaire, vert : renouvelables, gris : gaz, pointillés foncés : charbon

Sources : Eurostat, nrg_ind_ren (donnée provisoire 2025 : 14,9 % pour la Belgique, 26,2 % pour l’Union), nrg_bal_peh (production brute d’électricité, 1990-2024 ; années 1990-1999 et charbon consultés le 14 octobre 2026) et nrg_ind_id (dépendance énergétique), consulté le 11 octobre 2026.

attention

La production nucléaire varie fortement d’une année à l’autre : 26,1 TWh en 2015, 50,3 TWh en 2021. Les années où elle est la plus basse (2015, 2018) sont aussi celles où la dépendance énergétique mesurée est la plus haute (84,2 % et 83,0 %, contre 75,4 % en 2024). C’est en partie un effet de la convention statistique : quand les réacteurs tournent moins, l’énergie importée pèse davantage.

La part des renouvelables

Ce qu’elle permet de dire

  • Quelle part de toute l’énergie consommée vient de sources renouvelables.
  • Comparer les pays avec la règle de calcul de la directive européenne.

Ce qu’elle ne permet pas de dire

  • Si l’énergie est peu carbonée : le nucléaire n’est pas renouvelable, mais émet peu de CO₂.
  • La part dans la seule électricité, beaucoup plus élevée.
  • Les conditions naturelles : vent, soleil et hydraulique ne sont pas les mêmes partout.

Pour aller plus loin

  • La part des renouvelables par usage : électricité, chaleur, transport.
  • Les échanges d’électricité avec les pays voisins.
Fiche 03 · fait

Une électricité chère, et des ménages qui ne se chauffent pas.

Pour un ménage moyen (2 500 à 5 000 kWh par an), le kilowattheure coûtait 35,0 centimes toutes taxes comprises au second semestre 2025, contre 29,0 dans l’Union : le troisième prix le plus élevé des 27, en euros. Pendant la crise de 2022, il a atteint 44,9 centimes. Ces prix sont en euros courants : une fois l’inflation déduite, les 28,4 centimes du premier semestre 2019 valent environ 35,7 centimes de 2025, si bien que le prix de fin 2025 est revenu à peu près au niveau réel de 2019, et le pic de 2022 correspond à environ 49 centimes de 2025. En 2022, la part des habitants incapables de chauffer convenablement leur logement est passée de 3,5 % (2021) à 5,0 %, puis 6,0 % en 2023.

Prix de l’électricité pour les ménages (consommation de 2 500 à 4 999 kWh par an), toutes taxes et prélèvements compris, en centimes d’euro par kWh, par semestre, depuis 2007 (début de la série actuelle d’Eurostat ; Belgique à partir du second semestre 2007 ; semestres 2007-2018 consultés le 14 octobre 2026) ; trait plein : Belgique, pointillés : Union. Source : Eurostat, nrg_pc_204, consulté le 11 octobre 2026 ; Union disponible jusqu’au second semestre 2025. Bouton « euros de 2025 » (calcul Au plus Juste) : chaque prix est divisé par l’indice des prix à la consommation harmonisé en moyenne annuelle, belge pour la Belgique, européen pour l’Union ; le premier semestre 2026 n’est pas converti, faute d’indice annuel 2026 (Eurostat, prc_hicp_ainr, 2025 = 100 ; Belgique 2007 : 63,57, 2019 : 79,54, 2022 : 90,97 ; Union 2007 : 65,79, 2019 : 79,06, 2022 : 89,43) ; appliquer une moyenne annuelle à un prix semestriel est une approximation, d’où le mot « environ ».

Belgique

4,2 %

des habitants ne peuvent pas chauffer convenablement leur logement, 2025

Sous le seuil de pauvreté

13,2 %

des personnes à risque de pauvreté sont dans ce cas

Union

8,8 %

en 2025, contre 10,6 % en 2023

Source : Eurostat, ilc_mdes01 (enquête SILC, réponse déclarée par les ménages ; rupture de série en 2019 pour la Belgique), consulté le 11 octobre 2026.

Le prix moyen de l’électricité

Ce qu’il permet de dire

  • Ce que paie un ménage type par kilowattheure, taxes comprises.
  • Comment ce prix évolue, et le comparer entre pays avec la même méthode.

Ce qu’il ne permet pas de dire

  • Le poids de la facture dans le budget : il faut tenir compte des revenus et du pouvoir d’achat de chaque pays.
  • Ce que paient les ménages au tarif social, aux contrats fixes ou très consommateurs.
  • Le coût du chauffage au gaz ou au mazout, mesuré à part.

Pour aller plus loin

  • Les prix en parité de pouvoir d’achat.
  • La part des taxes et des coûts de réseau dans la facture.
Ce dossier en Europe · 27 pays

Et ailleurs en Europe ?

Choisissez un pays : les chiffres clés et les questions du débat se mettent à jour avec les données d’Eurostat, établies selon les mêmes définitions dans les 27 pays de l’Union.

Les chiffres de la Belgique

Questions du débat, en chiffres

Réponses calculées à partir des données : elles situent le pays parmi les autres, elles n’expliquent pas pourquoi.

    Comparer les pays

    Cochez ou décochez les pays ; le tableau sous le graphique donne les valeurs exactes. Tous les indicateurs : page Comparer.

    Recherche · ce que savent les chercheurs

    Trois questions, trois niveaux de preuve.

    Chaque conclusion porte un badge (adapté de la grille du GIEC) et chaque étude, selon sa nature, son niveau sur l’échelle de Maryland (évaluations d’impact, de 1 à 5) ou son type (méta-analyse, revue, statistique officielle, étude descriptive…). Voir la méthode.

    ÉtabliMajoritaireDébattuPeu étudié
    Comment ces études ont été choisies

    Ce n’est pas une revue systématique : la sélection est raisonnée, pas exhaustive. Les études sont cherchées dans les revues de littérature et méta-analyses récentes, dans les bases d’articles et de documents de travail en sciences sociales (Google Scholar, RePEc, NBER, IZA) et dans les publications des institutions et centres de recherche belges (Banque nationale, Bureau fédéral du Plan, Conseil supérieur de l’emploi, universités).

    Retenues : les études publiées (revue à comité de lecture, document de travail d’une institution reconnue ou rapport public), dont la méthode est décrite, portant sur la Belgique ou sur un pays comparable ; les études belges sont privilégiées quand elles existent. Écartées : les textes d’opinion, les études sans méthode décrite et celles qui n’ont pas pu être lues à la source. Quand des études sérieuses aboutissent à des conclusions opposées, le badge « Débattu » l’indique et les deux côtés sont cités.

    Une étude importante manque ? Signalez-la (voir la méthode, point 07).

    Du chiffre à la décision

    Quatre leviers, et aucun sans contrepartie.

    Réduire les émissions, garder une énergie abordable, sécuriser l’approvisionnement, ménager les finances publiques : ces objectifs entrent souvent en tension. Pour chaque levier : le mécanisme, ce qui est documenté, ce qui reste incertain et ce qu’on sacrifie. Le site ne recommande aucune combinaison.

    Donner un prix au carbone

    Le mécanisme
    Faire payer chaque tonne émise, par une taxe ou un marché de quotas, pour rendre les solutions sobres plus rentables.
    Ce qui est documenté
    documenté Le marché européen du carbone a réduit les émissions des secteurs couverts (Bayer et Aklin, 2020 ; Colmer et al., 2025) ; la taxe suédoise a réduit celles du transport (Andersson, 2019).
    Ce qui reste incertain
    hypothèse L’acceptation sociale d’une hausse des prix pour le chauffage et la voiture, et l’effet d’une redistribution des recettes sur cette acceptation.
    Ce qu’on sacrifie
    Le pouvoir d’achat des ménages qui dépendent de la voiture ou d’un chauffage fossile, si rien ne compense.

    Imposer des normes

    Le mécanisme
    Fixer des exigences : performance énergétique des bâtiments neufs, émissions des voitures neuves, interdiction de certains équipements.
    Ce qui est documenté
    documenté Le transport est le seul grand secteur dont les émissions ont augmenté depuis 1990 en Belgique (+19 %, Eurostat).
    Ce qui reste incertain
    hypothèse Le coût par tonne évitée des normes, comparé à un prix du carbone, et la rapidité du renouvellement des voitures et des logements.
    Ce qu’on sacrifie
    Une part de liberté de choix, et un coût pour ceux qui ne peuvent pas s’équiper.

    Subventionner l’efficacité

    Le mécanisme
    Aider à isoler les logements, à remplacer les chaudières ou à acheter des équipements moins gourmands.
    Ce qui est documenté
    documenté Dans un grand programme américain d’isolation, les économies réelles ont été environ 2,5 fois plus faibles que prévu (Fowlie, Greenstone et Wolfram, 2018).
    Ce qui reste incertain
    Si ce résultat se transpose au parc de logements belge, ancien et peu isolé.
    Ce qu’on sacrifie
    Un coût budgétaire, et des aides qui profitent en partie à ceux qui auraient investi de toute façon hypothèse.

    Miser sur le nucléaire

    Le mécanisme
    Prolonger les réacteurs existants, voire en construire de nouveaux, pour produire une électricité peu carbonée et pilotable.
    Ce qui est documenté
    documenté Le nucléaire a produit 40,5 % de l’électricité belge en 2024 (Eurostat) ; deux réacteurs sur sept restent en service.
    Ce qui reste incertain
    hypothèse Le coût et le délai de nouvelles capacités, et leur place face à l’éolien, au solaire et aux importations.
    Ce qu’on sacrifie
    La gestion des déchets sur le très long terme, un risque d’accident, et des engagements financiers de plusieurs décennies.

    Les arbitrages : on ne peut pas tout maximiser à la fois

    Si l’on privilégie…… on prend le risque de sacrifier
    Une baisse rapide des émissionsLe pouvoir d’achat à court terme, ou l’activité de certaines industries
    Une énergie bon marchéLe signal-prix qui pousse à consommer moins
    L’autonomie énergétiqueLe recours aux importations, souvent moins chères à court terme
    Des aides généreusesL’équilibre des finances publiques

    « Documenté » signifie établi par des études ou des statistiques officielles ; « hypothèse » signifie plausible mais non démontré. Les effets cités viennent de la partie Recherche et des fiches, avec leurs sources.

    Ce que proposent des chercheurs de bords différents

    Pour chaque piste : qui la défend, ce que la preuve en dit, et sa limite. L’orientation qualifie la proposition, pas la personne : un même chercheur peut défendre des idées classées différemment selon les sujets. Références ouvertes à la source le 14 octobre 2026.

    OrientationPropositionChercheursCe que dit la preuveLimite
    Taxe carbone redistribuée (conservateur)Taxe carbone dont les recettes sont rendues aux citoyens, en échange de moins de régulationsClimate Leadership Council 2017 (Baker, Paulson) ; analyse RFFRFF modélise 43 $/t et environ −19 % d’émissions en 2021Modélisation ex ante ; plan non adopté
    Usage des recettesRecycler les recettes pour rendre la taxe acceptableKlenert et al. 2018, Nature Climate Change 8(8)L’affectation des recettes conditionne le soutien politiqueSynthèse, pas évaluation causale unique
    Preuve par l’exempleTaxe carbone élevée et durableAndersson 2019, AEJ: Policy (Suède)Baisse des émissions des transports attribuée à la taxeUn secteur, un pays
    Acceptabilité socialeComprendre les rejets (gilets jaunes)Douenne et Fabre 2022, AEJ: PolicyLes citoyens surestiment ce que la taxe leur coûte, ce qui nourrit le rejetCas français
    Décroissance (gauche radicale)Réduire la production matérielle des pays richesHickel et al. 2022, Nature 612Commentaire programmatique, pas étude empiriqueTrès contesté par les tenants de la croissance verte : à présenter comme une position, pas un résultat
    Lectures · question de valeurs

    Que devons-nous aux générations futures ?

    Faut-il agir vite quoi qu’il en coûte, faire confiance au prix et à l’innovation, ou changer de modèle ? Les chiffres ne tranchent pas. Dix traditions répondent, chacune par son meilleur argument et sa principale critique. L’ordre change à chaque visite.

    Qui décide de la politique climatique ?

    En Belgique, le climat et l’énergie sont partagés entre l’État fédéral et les Régions, dans un cadre fixé en grande partie par l’Union européenne. La cour d’appel a d’ailleurs jugé séparément le fédéral et chaque Région.

    Union européenne

    • Objectif de −55 % en 2030 et de neutralité en 2050
    • Marché du carbone pour l’électricité et l’industrie
    • Objectif belge de −47 % en 2030 (par rapport à 2005) pour le transport, les bâtiments, l’agriculture et les déchets

    État fédéral

    • Nucléaire, sécurité d’approvisionnement, éolien en mer du Nord
    • Fiscalité (accises, TVA) et tarif social de l’énergie
    • Chemins de fer

    Régions

    • Environnement, renouvelables sur terre, primes à la rénovation
    • Performance énergétique des bâtiments, distribution du gaz et de l’électricité
    • Transports publics régionaux, agriculture

    Tribunaux

    • Klimaatzaak : objectif de −55 % imposé en 2023 au fédéral, à la Flandre et à Bruxelles
    • Contrôle du respect des droits fondamentaux
    Limites · ce que ces chiffres ne disent pas

    Six pièges à éviter.

    1. 1

      Oublier les émissions importées

      L’inventaire compte ce qui est émis sur le territoire. Un pays qui importe davantage de biens fabriqués ailleurs peut voir ses émissions baisser sans que sa consommation en émette moins.

    2. 2

      Mélanger les années de référence

      −32,6 % depuis 1990 et −32,3 % depuis 2005 : les objectifs européens utilisent l’une ou l’autre année. Comparer un chiffre à un objectif suppose la même référence.

    3. 3

      Compter ou non les forêts

      Avec les forêts et les sols, la Belgique émet 97,4 millions de tonnes nettes en 2024 ; sans, 98,0. Dans d’autres pays, l’écart est énorme : la Suède passe sous zéro.

    4. 4

      Lire une année comme une tendance

      Un hiver doux, une crise économique ou l’arrêt de réacteurs nucléaires font varier les chiffres d’une année sur l’autre. Seule une série longue montre une tendance.

    5. 5

      Confondre renouvelable et bas carbone

      Le nucléaire n’est pas renouvelable, mais il émet peu de CO₂. La part des renouvelables ne dit donc pas, à elle seule, si l’énergie d’un pays est propre.

    6. 6

      Comparer des prix sans les revenus

      Les prix de l’énergie sont donnés en euros courants. Un kilowattheure à 35 centimes ne pèse pas le même poids dans tous les budgets ni dans tous les pays.

    Prolongements

    Pour comprendre, il faut aussi examiner…

    Les phénomènes sont liés, mais deux chiffres qui évoluent ensemble ne s’expliquent pas forcément l’un par l’autre. Chaque lien dit pourquoi il est utile et où il s’arrête.

    • Dossier

      Inégalités et pauvreté

      Pourquoi ce lienLes ménages sous le seuil de pauvreté sont trois fois plus nombreux à ne pas pouvoir chauffer leur logement (13,2 % contre 4,2 % pour l’ensemble en 2025) : le coût de la transition ne pèse pas sur tous de la même façon.

      Sa limiteL’incapacité à se chauffer dépend aussi de l’état du logement et du statut de locataire ou de propriétaire, que ces chiffres ne détaillent pas.

    • Dossier

      Finances publiques

      Pourquoi ce lienPrimes à la rénovation, tarif social, fiscalité de l’énergie, investissements dans les réseaux : une grande partie de la politique énergétique passe par le budget.

      Sa limiteLe dossier Finances ne chiffre pas séparément les dépenses liées au climat et à l’énergie.

    Vérifier sa compréhension · questions de transfert

    Et ailleurs, ça marche comment ?

    Ces questions ne testent pas la mémoire des chiffres : elles vérifient qu’on sait appliquer le mécanisme à une situation nouvelle. Chaque réponse est expliquée.

    1. Un pays ferme ses aciéries et importe désormais tout son acier. Que deviennent ses émissions dans l’inventaire national ?

    2. Un pays remplace ses centrales nucléaires par des centrales au gaz importé. Que devient sa part de renouvelables ?

    Citer ce dossier

    un chiffre juste, avec sa source →

    Sources · consultées le 11 octobre 2026

    D’où viennent ces chiffres.

    Niveau 1 · statistiques officielles

    1. Eurostat, émissions : sdg_13_10 (émissions nettes, indice, par habitant), env_air_gge (par secteur, Union).
    2. Eurostat, énergie : nrg_ind_ren (renouvelables), nrg_ind_id (dépendance), nrg_bal_peh (production d’électricité), nrg_pc_204 (prix pour les ménages).
    3. Eurostat, enquête SILC : ilc_mdes01 (incapacité à chauffer convenablement le logement).
    4. Commission européenne. Effort sharing 2021-2030: targets and flexibilities.

    Histoire et droit

    1. Chambre des représentants (2004). Rapport sur l’accord de coopération relatif au partage des charges de Kyoto, DOC 51 1034/001.
    2. Loi du 31 janvier 2003 sur la sortie progressive de l’énergie nucléaire, présentée par Climate Change Laws of the World.
    3. Règlement (UE) 2021/1119 établissant le cadre requis pour parvenir à la neutralité climatique (« loi européenne sur le climat »).
    4. Engie Electrabel, mise à l’arrêt de Doel 1 ; World Nuclear News (2022) ; World Nuclear Association.

    Niveau 6 · presse

    1. Chambre des représentants, DOC 56 0318/009 (texte adopté en commission le 8 mai 2025 : articles abrogeant les dispositions de la loi du 31 janvier 2003) ; loi du 17 mai 2025 portant diverses dispositions en matière d’énergie nucléaire ; VRT, 16 mai 2025 (date du vote en plénière) ; La Libre, 31 janvier 2023 (Tihange 2).

    Niveau 2 · recherche

    Œuvres citées dans les lectures

    • Georgescu-Roegen, N. (1971). The Entropy Law and the Economic Process. Harvard University Press.
    • Hardin, G. (1968). « The Tragedy of the Commons ». Science, 162(3859), 1243-1248.
    • Jevons, W. S. (1865). The Coal Question. Macmillan.
    • Jonas, H. (1979). Das Prinzip Verantwortung (trad. Le Principe responsabilité).
    • Latour, B. (2017). Où atterrir ? La Découverte.
    • Nordhaus, W. (2013). The Climate Casino. Yale University Press.
    • Ostrom, E. (1990). Governing the Commons. Cambridge University Press.
    • Stern, N. (2006). The Economics of Climate Change: The Stern Review. HM Treasury.

    Rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle pour la collecte et la mise en forme ; chaque chiffre et chaque référence ont été vérifiés à la source, et la relecture finale est humaine. Les dates de fin d’exploitation de Doel 4 et Tihange 3 diffèrent selon les sources consultées : elles ne sont pas reprises. Une erreur ? Chaque correction est datée et publiée. Méthode complète : page Méthode.

    Journal des corrections · 11 octobre 2026 : première publication. 12 octobre 2026 : revérification à la source primaire ; Klimaatzaak : commentaire académique au lieu d’un article de presse, chiffre de « 58 000 citoyens » retiré (non confirmé) ; prix de l’électricité consultables en euros de 2025. 14 octobre 2026 : fin de la sortie du nucléaire décrite d’après la loi du 17 mai 2025, qui n’abroge pas entièrement la loi de 2003. Ajout : indicateurs belges de précarité énergétique 2024 (SPF Économie) dans la partie Recherche. Séries longues : production d’électricité depuis 1990, avec le charbon ; prix de l’électricité depuis 2007.

    Comment citer ce dossier

    Bauchau, T. (2026). Climat et énergie [dossier]. Au plus Juste, version du 11 octobre 2026. Consulté le …, à l’adresse https://auplusjuste.be/dossier-climat.html

    Pour un chiffre précis, citez aussi sa source primaire (indiquée sous chaque graphique) : Au plus Juste rassemble et explique des données, il ne les produit pas. Les données de chaque graphique sont téléchargeables (« Voir les données du graphique »). Code et données du site : dépôt public GitHub.