Dossier 07 · Éducation · avant de lire

Selon vous, quelle part des élèves de 15 ans de l’enseignement francophone a déjà redoublé au moins une fois ?

15 %
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Dossier 07 · une question du débat

Éducation

L’école belge est-elle performante et juste ? Trois façons de mesurer l’école, deux siècles d’histoire, trois fiches, l’état de la recherche et neuf lectures pour en débattre.

6,3 %du PIB en dépenses publiques d’enseignement, contre 4,7 % dans l’UnionEurostat gov_10a_exp, 2024
35 %des élèves de 15 ans ont déjà redoublé en Fédération Wallonie-Bruxelles (Flandre : 19 %, OCDE : 8 %)PISA 2025, aSPe ULiège
7,3 %des 18-24 ans ont quitté l’école sans diplôme du secondaire supérieur (Union : 9,1 %)Eurostat edat_lfse_14, 2025
52,7 %des 25-34 ans sont diplômés du supérieur (Union : 44,8 %)Eurostat edat_lfse_03, 2025

Dossier vérifié le 11 octobre 2026 · 14 affirmations contrôlées à la source · 16 sources liées · voir le registre · corrections
Prochaine mise à jour : données Eurostat 2026 et rapport complet PISA 2025

Comprendre en deux minutes

L’école belge est-elle performante et juste ?

Elle dépense beaucoup (6,3 % du PIB, contre 4,7 % en moyenne dans l’Union) et diplôme beaucoup : plus d’un jeune adulte sur deux sort du supérieur, et le décrochage est plus faible qu’en moyenne européenne. Mais les compétences des élèves de 15 ans, mesurées par PISA, ont baissé, surtout en Flandre ; l’enseignement francophone se situe désormais au niveau de la moyenne de l’OCDE. Le système reste marqué par le redoublement et par des écarts de résultats liés à l’origine sociale, même si ceux-ci se sont réduits en 2025 dans l’enseignement francophone.

  1. Depuis 1989, l’enseignement relève des Communautés : on compare souvent l’école flamande et l’école francophone, qui sont deux systèmes distincts.
  2. Dépenser plus ne garantit pas de meilleurs résultats : tout dépend de l’usage des moyens.
  3. Le redoublement est très fréquent en Belgique, alors que la recherche en doute fortement.
Approfondir ↓
Avant les chiffres · les définitions

Trois façons de mesurer l’école.

Ce que l’école produit ne se résume pas à un chiffre. Trois indicateurs reviennent dans le débat ; ils mesurent des choses différentes, à des âges différents.

Compétences

Les scores PISA

OCDE ; en Belgique, aSPe (ULiège) et université de Gand

Tous les trois ou quatre ans, un échantillon d’élèves de 15 ans passe des épreuves en lecture, mathématiques et sciences. Les scores sont exprimés sur une échelle où la moyenne de l’OCDE valait 500 au départ.

Sert à : comparer les compétences d’élèves du même âge, dans le temps et entre systèmes.

Parcours

Le décrochage scolaire

Eurostat, enquête sur les forces de travail

La part des 18-24 ans qui n’ont pas de diplôme de l’enseignement secondaire supérieur et ne suivent aucune formation.

Sert à : mesurer combien de jeunes entrent dans la vie adulte sans qualification.

Diplômes

Les diplômés du supérieur

Eurostat, enquête sur les forces de travail

La part des 25-34 ans titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur (bachelier, master, doctorat, ou équivalent).

Sert à : suivre l’élévation du niveau de formation des jeunes adultes.

→ un système peut diplômer beaucoup tout en voyant baisser les compétences à 15 ans

Histoire · deux siècles d’école

Une école née de compromis.

L’histoire de l’école belge est celle de conflits entre catholiques et laïques, réglés par des pactes, puis d’un transfert aux Communautés. Elle explique la coexistence de plusieurs réseaux d’enseignement et de deux systèmes éducatifs distincts au nord et au sud du pays.

  1. 1842-1884

    Lois et guerres scolaires

    La loi de 1842 impose une école primaire par commune. De 1879 à 1884, la « première guerre scolaire » oppose libéraux et catholiques sur la place de la religion à l’école.

  2. 1914

    L’instruction obligatoire

    L’instruction devient obligatoire. Elle sera prolongée plusieurs fois au cours du siècle.

  3. 1958-1959

    Le Pacte scolaire

    Signé en 1958 par socialistes, libéraux et sociaux-chrétiens, devenu la loi du 29 mai 1959 : il met fin à la seconde guerre scolaire, garantit le libre choix de l’école et le financement des écoles libres subventionnées.

  4. 1983-1989

    Jusqu’à 18 ans, puis aux Communautés

    En 1983, l’obligation scolaire est portée jusqu’à 18 ans (à temps partiel après 16 ans). En 1988, la gratuité de l’accès à l’enseignement est inscrite dans la Constitution, et l’enseignement devient une compétence des Communautés.

  5. 2019-2028

    Le Pacte pour un enseignement d’excellence

    Côté francophone, un décret de 2019 prolonge le tronc commun jusqu’à la fin de la 3e secondaire. Le gouvernement installé en 2024 en a revu les modalités ; un décret de mai 2026 l’applique en 1re secondaire depuis la rentrée 2026, et supprime la 1re année différenciée. Depuis la rentrée 2020, l’école est obligatoire dès 5 ans.

1842-1988 : Lire et Écrire et CARHOP (2019), Ligne du temps Enseignement. Compétence des Communautés : Constitution, article 127. Tronc commun : décret du 3 mai 2019 (Code de l’enseignement) et Fédération Wallonie-Bruxelles, circulaire n° 9744 du 17 juin 2026 (mise en œuvre en 1re secondaire). Obligation dès 5 ans : loi du 23 mars 2019 modifiant la loi du 29 juin 1983 concernant l’obligation scolaire (Moniteur belge du 2 mai 2019, en vigueur le 1er septembre 2020), texte consolidé sur Justel.

Trois idées reçues

Idée reçue

« L’école belge est parmi les meilleures d’Europe. »

Plus vraiment. En 2022 encore, la Flandre dépassait nettement la moyenne de l’OCDE en mathématiques (501 points contre 472). Mais elle a perdu 64 points depuis 2003, la Fédération Wallonie-Bruxelles 31. En 2025, l’enseignement francophone se situe au niveau de la moyenne de l’OCDE, qui a elle-même baissé.

Idée reçue

« Redoubler aide l’élève à rattraper son retard. »

Rarement démontré. La recherche trouve peu d’effets positifs durables et un risque accru de décrochage pour les élèves plus âgés. Pourtant, 35 % des élèves francophones de 15 ans ont déjà redoublé. Voir la recherche.

Idée reçue

« Il suffit de mettre plus d’argent dans l’école. »

À nuancer. La Belgique dépense déjà plus que la moyenne européenne (6,3 % du PIB contre 4,7 %) avec des résultats moyens. Mais certains usages des moyens, comme des classes plus petites dans les premières années, ont des effets démontrés.

Fiche 01 · fait

La Flandre chute, le sud résiste.

Sur vingt ans, les résultats PISA baissent dans presque tous les systèmes voisins. La chute est particulièrement forte en Flandre et aux Pays-Bas. L’enseignement francophone baisse moins et rejoint ainsi la Flandre en lecture (466 et 467 points en 2025). En mathématiques, la Flandre garde une avance.

Évolution des scores moyens PISA, en points (FWB : enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles) : lecture de 2000 à 2025, mathématiques de 2003 à 2025, sciences de 2006 à 2025. Source : aSPe (ULiège), PISA 2025, synthèse et diaporama, septembre 2026, d’après l’OCDE. Pour repère, en 2022 : mathématiques 474 (Fédération Wallonie-Bruxelles), 501 (Flandre), 472 (moyenne OCDE), selon aSPe, décembre 2023.

Marge d’incertitude. PISA teste un échantillon d’élèves : chaque score moyen est une estimation, entourée d’une erreur d’échantillonnage, et la comparaison entre deux cycles ajoute une erreur de liaison entre les tests. Une variation de quelques points peut donc ne pas être statistiquement significative ; les grandes baisses (Pays-Bas, Flandre, France) dépassent largement ces marges. Les rapports de l’OCDE et de l’aSPe indiquent, pour chaque évolution, si elle est significative.

Le score PISA

Ce qu’il permet de dire

  • Ce que savent faire, en moyenne, des élèves de 15 ans en lecture, mathématiques et sciences.
  • Comment un système évolue et se compare à d’autres, avec les mêmes épreuves.
  • Les écarts entre élèves selon l’origine sociale ou migratoire.

Ce qu’il ne permet pas de dire

  • Ce que vaut une école en particulier : c’est un échantillon national.
  • Pourquoi les résultats baissent : la crise sanitaire, les écrans, la composition des élèves et les réformes sont autant d’hypothèses.
  • Tout ce que l’école apporte : citoyenneté, créativité, formation professionnelle échappent largement à ces épreuves.

Pour aller plus loin

  • Les écarts selon l’origine sociale.
  • Les épreuves externes (CEB en Fédération Wallonie-Bruxelles).
  • Les rapports complets de l’aSPe et de l’université de Gand.
attention

Un score PISA a une marge d’erreur de quelques points. En 2022, l’écart de 2 points entre l’enseignement francophone et la moyenne de l’OCDE en mathématiques n’était pas statistiquement significatif : on ne peut pas dire que l’un fait mieux que l’autre.

Fiche 02 · fait

Un élève sur trois a déjà redoublé.

Le redoublement reste massif dans l’enseignement francophone, même s’il a reculé depuis le pic de 2012 (48 % des élèves de 15 ans). Dans le même temps, de moins en moins de jeunes quittent l’école sans diplôme : le décrochage est passé de 18,1 % en 1992 à 7,3 % en 2025, sous la moyenne européenne.

Un élève de 15 ans sur trois a déjà redoublé en 2025, contre près d’un sur deux en 2012Redoublement : élèves de 15 ans ayant redoublé au moins une fois, Fédération Wallonie-Bruxelles, en %
Le décrochage a baissé de plus de moitié depuis 1992 (de 18,1 % à 7,3 %)Décrochage scolaire : 18-24 ans sans diplôme du secondaire supérieur ni formation, en %

Sources : aSPe (ULiège), PISA 2025, d’après les déclarations des élèves (en 2025 : Flandre 19,4 %, moyenne OCDE 8,4 %) ; Eurostat, edat_lfse_14 (nombreuses ruptures de série) et edat_lfse_16 pour les Régions : en 2025, 5,5 % en Flandre, 8,8 % à Bruxelles, 9,8 % en Wallonie. Consulté le 11 octobre 2026.

Le taux de décrochage

Ce qu’il permet de dire

  • Quelle part des 18-24 ans n’a ni diplôme du secondaire supérieur ni formation en cours.
  • Comment la Belgique et ses Régions se comparent à l’Union, avec la même définition.

Ce qu’il ne permet pas de dire

  • Le niveau des compétences des diplômés.
  • Pourquoi les jeunes quittent l’école.
  • Une évolution régionale précise d’une année à l’autre : l’échantillon régional est petit et les ruptures de série nombreuses.

Pour aller plus loin

  • Les jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation (fiche 03).
  • L’orientation vers l’enseignement qualifiant.
attention

Le recul du redoublement entre 2018 et 2022 coïncide avec la crise sanitaire, à laquelle l’aSPe attribue en partie la baisse des redoublements. La légère remontée de 2025 invite à ne pas lire ce recul comme une tendance acquise.

Fiche 03 · fait

Plus de diplômés, et un diplôme qui protège.

La part des 25-34 ans diplômés du supérieur est passée de 40,6 % en 2005 à 52,7 % en 2025, bien au-dessus de l’Union (44,8 %). Sur le marché du travail, le diplôme compte énormément : en 2025, 86 % des diplômés du supérieur de 20 à 64 ans travaillent, contre 47 % des peu diplômés.

Part des 25-34 ans diplômés de l’enseignement supérieur, en %, Belgique 1992-2025 et Union 2002-2025 (années antérieures consultées le 14 octobre 2026 ; en 1999, Eurostat signale une définition différente). Source : Eurostat, edat_lfse_03 (ruptures de série en 2008, 2014, 2017 et 2021 ; croix rouges), consulté le 11 octobre 2026.

Emploi des peu diplômés

46,7 %

des 20-64 ans en 2025 (Union : 58,1 %)

Emploi des diplômés du supérieur

86,0 %

des 20-64 ans en 2025 (Union : 86,8 %)

Ni emploi ni formation

9,8 %

des 15-29 ans en 2025 (Union : 11,0 %)

Sources : Eurostat, lfsa_ergaed (emploi selon le diplôme, voir le dossier Emploi) et edat_lfse_20 (jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation).

Le taux d’emploi selon le diplôme

Ce qu’il permet de dire

  • Que les diplômés travaillent beaucoup plus souvent que les peu diplômés.
  • Que l’écart est particulièrement grand en Belgique pour les peu diplômés.

Ce qu’il ne permet pas de dire

  • Combien le diplôme lui-même rapporte : les diplômés diffèrent aussi par leur milieu, leurs capacités et leurs réseaux.
  • Si les emplois occupés correspondent au diplôme.
  • Ce qu’il adviendrait si tout le monde était diplômé.

Pour aller plus loin

  • Les salaires selon le diplôme.
  • Les pénuries de main-d’œuvre par métier.
Ce dossier en Europe · 27 pays

Et ailleurs en Europe ?

Choisissez un pays : les chiffres clés et les questions du débat se mettent à jour avec les données d’Eurostat, établies selon les mêmes définitions dans les 27 pays de l’Union.

Les chiffres de la Belgique

Questions du débat, en chiffres

Réponses calculées à partir des données : elles situent le pays parmi les autres, elles n’expliquent pas pourquoi.

    Comparer les pays

    Cochez ou décochez les pays ; le tableau sous le graphique donne les valeurs exactes. Tous les indicateurs : page Comparer.

    Recherche · ce que savent les chercheurs

    Trois questions, trois niveaux de preuve.

    Chaque conclusion porte un badge (adapté de la grille du GIEC) et chaque étude, selon sa nature, son niveau sur l’échelle de Maryland (évaluations d’impact, de 1 à 5) ou son type (méta-analyse, revue, statistique officielle, étude descriptive…). Voir la méthode.

    ÉtabliMajoritaireDébattuPeu étudié
    Comment ces études ont été choisies

    Ce n’est pas une revue systématique : la sélection est raisonnée, pas exhaustive. Les études sont cherchées dans les revues de littérature et méta-analyses récentes, dans les bases d’articles et de documents de travail en sciences sociales (Google Scholar, RePEc, NBER, IZA) et dans les publications des institutions et centres de recherche belges (Banque nationale, Bureau fédéral du Plan, Conseil supérieur de l’emploi, universités).

    Retenues : les études publiées (revue à comité de lecture, document de travail d’une institution reconnue ou rapport public), dont la méthode est décrite, portant sur la Belgique ou sur un pays comparable ; les études belges sont privilégiées quand elles existent. Écartées : les textes d’opinion, les études sans méthode décrite et celles qui n’ont pas pu être lues à la source. Quand des études sérieuses aboutissent à des conclusions opposées, le badge « Débattu » l’indique et les deux côtés sont cités.

    Une étude importante manque ? Signalez-la (voir la méthode, point 07).

    Du chiffre à la décision

    Quatre leviers, et aucun sans contrepartie.

    Relever le niveau, réduire les inégalités, mieux préparer au travail : ces objectifs se rejoignent parfois et s’opposent souvent. Pour chaque levier : le mécanisme, ce qui est documenté, ce qui reste incertain et ce qu’on sacrifie. Le site ne recommande aucune combinaison.

    Remplacer le redoublement par la remédiation

    Le mécanisme
    Aider l’élève en difficulté pendant l’année plutôt que de lui faire recommencer l’année entière.
    Ce qui est documenté
    documenté À Chicago, le redoublement n’a pas amélioré la réussite et a augmenté un peu le décrochage chez les élèves plus âgés (Jacob et Lefgren, 2009).
    Ce qui reste incertain
    L’efficacité des dispositifs de remédiation en Belgique, peu évalués.
    Ce qu’on sacrifie
    Un signal fort sur les exigences, et des moyens pour accompagner les élèves.

    Retarder l’orientation

    Le mécanisme
    Garder tous les élèves dans un tronc commun plus longtemps avant de les orienter vers le général ou le qualifiant.
    Ce qui est documenté
    documenté Les comparaisons entre pays associent une orientation précoce à plus d’inégalités, sans gain clair de niveau moyen (Hanushek et Woessmann, 2006).
    Ce qui reste incertain
    Les effets du tronc commun prolongé en Fédération Wallonie-Bruxelles, encore en cours de déploiement.
    Ce qu’on sacrifie
    Une spécialisation plus précoce pour les élèves attirés par les filières techniques.

    Réduire la taille des classes

    Le mécanisme
    Moins d’élèves par enseignant, surtout dans les premières années.
    Ce qui est documenté
    documenté Dans une expérience aléatoire au Tennessee, les petites classes ont amélioré les résultats, davantage pour les élèves défavorisés (Krueger, 1999).
    Ce qui reste incertain
    La possibilité de recruter assez d’enseignants qualifiés en période de pénurie.
    Ce qu’on sacrifie
    Un coût élevé, au détriment d’autres usages des moyens.

    Investir dans la petite enfance

    Le mécanisme
    Préscolaire de qualité pour les enfants les plus défavorisés, avant que les écarts ne se creusent.
    Ce qui est documenté
    documenté Le programme américain Perry Preschool a un rendement social estimé à 7 à 10 % par an (Heckman et al., 2010).
    Ce qui reste incertain
    hypothèse Que ces résultats, obtenus sur un petit programme ciblé, se retrouvent à grande échelle en Belgique.
    Ce qu’on sacrifie
    Des moyens dont les effets n’apparaissent que des années plus tard.

    Les arbitrages : on ne peut pas tout maximiser à la fois

    Si l’on privilégie…… on prend le risque de sacrifier
    Le libre choix de l’école par les parentsLa mixité sociale entre écoles
    Un tronc commun longUne orientation précoce vers les métiers
    L’exigence par le redoublementLa motivation et la poursuite des études des élèves en difficulté
    Des classes plus petitesD’autres usages des mêmes moyens (salaires, remédiation, bâtiments)

    « Documenté » signifie établi par des études ou des statistiques officielles ; « hypothèse » signifie plausible mais non démontré. Les effets cités viennent de la partie Recherche et des fiches, avec leurs sources.

    Ce que proposent des chercheurs de bords différents

    Pour chaque piste : qui la défend, ce que la preuve en dit, et sa limite. L’orientation qualifie la proposition, pas la personne : un même chercheur peut défendre des idées classées différemment selon les sujets. Références ouvertes à la source le 14 octobre 2026.

    OrientationPropositionChercheursCe que dit la preuveLimite
    Qualité des enseignantsÉvaluer et sélectionner selon la valeur ajoutéeChetty, Friedman et RockoffRemplacer un enseignant du 5 % inférieur par un enseignant moyen augmenterait les revenus cumulés d’une classe d’environ 250 000 $Mesure de la valeur ajoutée contestée ; données américaines
    Libre choix (libéral)Chèques éducation, concurrence entre écolesEpple, Romano et Urquiola 2017, Journal of Economic Literature 55(2)Effets souvent non significatifs, positifs pour certains groupes ; la concurrence peut améliorer les écoles publiquesLa Belgique a déjà le libre choix et un financement par élève : peu transposable tel quel
    Investissement précoceProgrammes préscolaires intensifsHeckman et al. 2010 (Perry Preschool)Rendement social élevé estimé sur longue périodePetit échantillon, programme ancien et intensif
    Tronc commun (égalitaire)Retarder l’orientation des élèvesHanushek et Woessmann 2006L’orientation précoce accroît les inégalités sans gain clair de niveau moyenComparaison entre pays, pas expérience ; pertinent pour la réforme du tronc commun en FWB
    MoyensRéduire la taille des classesKrueger 1999 (STAR)Gains de résultats, plus marqués pour les élèves défavorisésCoût élevé ; Hanushek conteste la généralisation
    Lectures · question de valeurs

    À quoi sert l’école ?

    Transmettre, émanciper, sélectionner, former des travailleurs, des citoyens : les chiffres ne disent pas ce que l’école doit viser en premier. Neuf traditions répondent, chacune par son meilleur argument et sa principale critique. L’ordre change à chaque visite.

    Qui décide de l’école ?

    Depuis la réforme de 1988-1989, l’enseignement relève des Communautés, sauf trois exceptions que la Constitution laisse à l’État fédéral.

    Communautés

    • Programmes, organisation des écoles, financement, statut des enseignants
    • Épreuves externes et diplômes, dans le cadre fédéral
    • Trois systèmes : flamand, francophone, germanophone

    État fédéral

    • Début et fin de l’obligation scolaire
    • Conditions minimales de délivrance des diplômes
    • Régime des pensions des enseignants

    Pouvoirs organisateurs

    • Réseaux officiels (Communautés, communes, provinces) et libres (surtout catholiques)
    • Gestion des écoles et projet pédagogique

    Union européenne

    • Pas de compétence sur les programmes
    • Objectifs communs (décrochage, diplômés du supérieur), Erasmus+

    Constitution belge, article 127, § 1er, 2°.

    Limites · ce que ces chiffres ne disent pas

    Six pièges à éviter.

    1. 1

      Parler de « l’école belge »

      Il y a trois systèmes éducatifs, organisés par les Communautés. Une moyenne belge mélange des réalités différentes.

    2. 2

      Classer au point près

      Les scores PISA viennent d’échantillons : des écarts de quelques points ne sont souvent pas significatifs.

    3. 3

      Comparer élèves du même âge et élèves de la même année

      Avec beaucoup de redoublements, des élèves de 15 ans sont dans des années différentes ; les résultats par âge et par année ne racontent pas la même histoire.

    4. 4

      Attribuer une baisse à une seule cause

      Crise sanitaire, écrans, évolution de la population scolaire, réformes : plusieurs explications coexistent, et les données PISA seules ne permettent pas de les départager.

    5. 5

      Lire la dépense comme une mesure de la qualité

      La dépense en % du PIB dépend aussi du nombre d’élèves, des salaires et de l’organisation en réseaux.

    6. 6

      Confondre diplôme et compétences

      Plus de diplômés ne signifie pas automatiquement des compétences plus élevées ; les deux indicateurs peuvent évoluer différemment.

    Prolongements

    Pour comprendre, il faut aussi examiner…

    Les phénomènes sont liés, mais deux chiffres qui évoluent ensemble ne s’expliquent pas forcément l’un par l’autre. Chaque lien dit pourquoi il est utile et où il s’arrête.

    • Dossier

      Emploi et inactivité

      Pourquoi ce lienLe diplôme est l’une des lignes de partage les plus nettes de l’emploi : en 2025, 46,7 % des peu diplômés de 20 à 64 ans travaillent, contre 86,0 % des diplômés du supérieur.

      Sa limiteL’écart ne mesure pas l’effet propre du diplôme : milieu social, compétences et réseaux comptent aussi.

    • Dossier

      Immigration et asile

      Pourquoi ce lienLa Banque nationale cite la langue et la reconnaissance des diplômes parmi les freins à l’emploi des immigrés. À l’école, PISA 2025 montre que l’écart lié à l’origine migratoire s’est réduit de moitié dans l’enseignement francophone.

      Sa limiteLes élèves issus de l’immigration et les adultes immigrés sont deux populations différentes : on ne passe pas de l’une à l’autre.

    • Dossier

      Santé

      Pourquoi ce lienLe diplôme est aussi lié à la durée de vie : à 25 ans, l’écart d’espérance de vie en bonne santé entre peu diplômés et diplômés du supérieur atteint 10 à 13 ans (2011).

      Sa limiteC’est une corrélation : revenus, métiers et conditions de vie, liés au diplôme, contribuent à l’écart.

    Vérifier sa compréhension · questions de transfert

    Et ailleurs, ça marche comment ?

    Ces questions ne testent pas la mémoire des chiffres : elles vérifient qu’on sait appliquer le mécanisme à une situation nouvelle. Chaque réponse est expliquée.

    1. Le pays A obtient 487 points en mathématiques, le pays B 484. La marge d’erreur de chaque score est d’environ 3 points. Que peut-on conclure ?

    2. Un pays supprime presque entièrement le redoublement. L’année suivante, la part d’élèves de 15 ans « à l’heure » bondit. Que faut-il vérifier avant de parler de progrès ?

    Citer ce dossier

    un chiffre juste, avec sa source →

    Sources · consultées le 11 octobre 2026

    D’où viennent ces chiffres.

    Niveau 1 · statistiques officielles

    1. Eurostat : edat_lfse_14 et edat_lfse_16 (décrochage), edat_lfse_03 (diplômes), edat_lfse_20 (jeunes sans emploi ni formation), gov_10a_exp (dépenses par fonction), lfsa_ergaed (emploi selon le diplôme).
    2. Baye, A., Benyekhlef, H., Bricteux, S., Crépin, F., Lafontaine, D. et Quittre, V. (2026). Résultats de PISA 2025 en Fédération Wallonie-Bruxelles. Cahiers des Sciences de l’éducation, 49, ULiège ; synthèse et diaporama.
    3. Baye, A. et al. (2023). Résultats de PISA 2022 en Fédération Wallonie-Bruxelles. Cahiers des Sciences de l’éducation, 46, ULiège.

    Histoire et droit

    1. Lire et Écrire et CARHOP (2019). Ligne du temps Enseignement.
    2. Constitution belge, article 127.

    Niveau 6 · presse

    1. Fédération Wallonie-Bruxelles, circulaire n° 9744 du 17 juin 2026 (tronc commun en 1re secondaire) ; loi du 23 mars 2019 sur l’obligation scolaire dès 5 ans (Moniteur belge du 2 mai 2019), texte consolidé sur Justel.

    Niveau 2 · recherche

    Œuvres citées dans les lectures

    • Arendt, H. (1958). « La crise de l’éducation », repris dans La Crise de la culture.
    • Becker, G. (1964). Human Capital. NBER et Columbia University Press.
    • Bourdieu, P. et Passeron, J.-C. (1964). Les Héritiers. Minuit.
    • Dewey, J. (1916). Democracy and Education. Macmillan.
    • Dubet, F. (2004). L’École des chances. Seuil.
    • Durkheim, É. (1922). Éducation et sociologie. Alcan.
    • Freire, P. (1968). Pédagogie des opprimés.
    • Friedman, M. (1955). « The Role of Government in Education ». Dans R. Solo (dir.), Economics and the Public Interest.

    Rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle pour la collecte et la mise en forme ; chaque chiffre et chaque référence ont été vérifiés à la source, et la relecture finale est humaine. Les scores PISA 2025 détaillés par Communauté (hors lecture) n’étaient disponibles que dans des graphiques ou dans la presse lors de la vérification : ils ne sont pas repris. Une erreur ? Chaque correction est datée et publiée. Méthode complète : page Méthode.

    Journal des corrections · 11 octobre 2026 : première publication. 12 octobre 2026 : passage sur le tronc commun mis à jour (décret de mai 2026, circulaire n° 9744) ; sources de presse remplacées par les textes officiels. 14 octobre 2026 : loi du 23 mars 2019 citée d’après Justel (texte officiel) au lieu d’un article de presse ; marge d’incertitude des scores PISA signalée. Série longue : diplômés du supérieur depuis 1992 (Union depuis 2002).

    Comment citer ce dossier

    Bauchau, T. (2026). Éducation [dossier]. Au plus Juste, version du 11 octobre 2026. Consulté le …, à l’adresse https://auplusjuste.be/dossier-education.html

    Pour un chiffre précis, citez aussi sa source primaire (indiquée sous chaque graphique) : Au plus Juste rassemble et explique des données, il ne les produit pas. Les données de chaque graphique sont téléchargeables (« Voir les données du graphique »). Code et données du site : dépôt public GitHub.