En Belgique, y a-t-il plus de chômeurs ou plus de personnes en invalidité ?
—chômeurs au sens du BIT, moyenne 2025enquête Statbel, 15-74 ans · Eurostat une_rt_a
vs
—personnes en invalidité au 31 décembre 2025registres de l’INAMI, salariés, chômeurs et indépendants · provisoire
Pourquoi la réponse surprend
On pense spontanément au chômage comme principale forme de non-emploi. En Belgique, les personnes en incapacité de travail de longue durée sont pourtant plus nombreuses que les chômeurs.
La confusion à éviter
Les deux chiffres ne viennent pas de la même source : le chômage vient d’une enquête auprès des ménages (15-74 ans), l’invalidité des registres de l’INAMI (tous âges, indépendants compris). Le rapport de 1,7 donne un ordre de grandeur, pas une comparaison exacte.
Le mécanisme
Pour être « chômeur » au sens du BIT, il faut chercher un emploi et être disponible. Une personne malade de longue durée ne cherche pas : elle est comptée comme « inactive ». C’est pourquoi le chômage peut baisser sans que l’emploi augmente.
Pour réutiliser cette idée
Face à un taux de chômage qui baisse, demandez toujours : le taux d’emploi a-t-il augmenté, ou des personnes sont-elles sorties de la population active ?
Qui travaille, qui ne travaille pas, et pourquoi ? Trois façons de compter, quatre fiches, l’état de la recherche et neuf lectures pour en débattre.
72,8 %des 20-64 ans ont un emploi, 23e sur 27Eurostat lfsi_emp_a, 2025
6,2 %de chômage, contre 6,0 % dans l’UnionEurostat une_rt_a, 2025
576 643personnes en invalidité, +19 % depuis 2021INAMI, 31 déc. 2025, provisoire
63,9 → 77,3 %de taux d’emploi, de Bruxelles à la FlandreEurostat lfst_r_lfe2emprt, 2025
✓Dossier vérifié le 10 octobre 2026 · 41 affirmations contrôlées à la source · 27 sources liées · voir le registre · corrections Prochaine mise à jour : chiffres annuels 2026 (printemps 2027)
Comprendre en deux minutes
Qui travaille en Belgique, qui ne travaille pas, et pourquoi ?
En 2025, 72,8 % des 20-64 ans ont un emploi, contre 76,1 % dans l’Union. Le chômage (6,2 %) étant proche de la moyenne européenne, l’écart vient surtout d’un plus grand nombre de personnes inactives, ni en emploi ni au chômage, parmi lesquelles les personnes en invalidité, en forte hausse (576 643 fin 2025). Il se concentre chez les peu diplômés, les personnes nées hors de l’Union et les 55-64 ans.
Chômage et inactivité sont deux choses différentes : une personne en invalidité ne cherche pas d’emploi, elle n’est donc pas « chômeuse ».
Le taux d’emploi progresse depuis trente ans (61,2 % en 1993), presque entièrement grâce aux femmes et aux 55-64 ans.
Les trois Régions vivent des réalités très différentes : 77,3 % d’emploi en Flandre, 67,9 % en Wallonie, 63,9 % à Bruxelles.
Les chiffres de l’emploi viennent de trois sources qui ne mesurent pas la même chose. Les mélanger est la première erreur du débat public.
Enquête
L’enquête sur les forces de travail
Statbel, pour Eurostat
Un échantillon de ménages répond à un questionnaire européen commun. On y est en emploi si l’on a travaillé au moins une heure la semaine de référence, chômeur si l’on n’a pas travaillé, a cherché activement et peut commencer dans les deux semaines. Tous les autres sont inactifs.
Sert à : taux d’emploi, taux de chômage, comparaisons européennes.
Registres régionaux
Les demandeurs d’emploi inscrits
Actiris, Forem, VDAB, ADG
Les personnes inscrites auprès du service régional de l’emploi. On peut être inscrit sans être chômeur au sens de l’enquête (par exemple en travaillant quelques heures), et chômeur sans être inscrit.
Sert à : suivre l’accompagnement dans chaque Région.
Sécurité sociale
Les bénéficiaires d’allocations
ONEM (chômage), INAMI (maladie)
Les personnes qui reçoivent une allocation. Après un an d’incapacité de travail reconnue, un salarié passe de l’incapacité primaire à l’invalidité. Ces chiffres dépendent des règles d’accès : une réforme change le nombre sans que la réalité change.
Sert à : mesurer le coût et l’effet des règles.
→ c’est pour ça que le pari du début compare deux choses différentes
Histoire · trente ans d’emploi en Belgique
Les femmes et les 55-64 ans ont changé la donne.
En 1993, à peine plus de six Belges de 20 à 64 ans sur dix travaillaient. Ils sont plus de sept sur dix aujourd’hui. Presque toute la hausse vient des femmes et des travailleurs âgés : le taux d’emploi des hommes, lui, a peu bougé.
Taux d’emploi en 1993 et en 2025, en %. 1993 : Eurostat, lfsi_emp_a_h (série historique, valeurs estimées) ; 2025 : Eurostat, lfsi_emp_a. Les deux séries coïncident sur les années communes (67,2 % en 2015). Ruptures de série en 1999, 2001, 2017 et 2021.
Depuis 1993, le chômage oscille entre 5,5 % et 9,5 % des actifs
Taux de chômage au sens du BIT, 15-74 ans, en %. 1993-2014 : Eurostat, une_rt_a_h (ancienne méthode) ; 2015-2025 : une_rt_a. En 2015, les deux méthodes donnent 8,5 % et 8,7 %.
Trois idées reçues
Idée reçue
« Le chômage n’a jamais été aussi haut. »
Faux. Il atteignait 9,5 % au milieu des années 1990 et 8,5 % encore en 2014-2015, contre 6,2 % en 2025. Il remonte depuis 2023, mais reste sous ses niveaux passés.
Idée reçue
« On travaille de moins en moins en Belgique. »
Faux. Le taux d’emploi est passé de 61,2 % en 1993 à 72,8 % en 2025. Celui des femmes a gagné 20 points, celui des 55-64 ans a presque triplé (22,2 % à 61,5 %).
Idée reçue
« Les malades de longue durée sont des chômeurs déguisés. »
À nuancer. Une partie des entrées en invalidité vient du chômage, surtout après la réforme de 2012. Mais l’ampleur de ce passage n’est pas mesurée précisément, et les troubles psychosociaux, l’âge et les conditions de travail jouent aussi. Voir la recherche.
Fiche 01 · fait
72,8 % des 20-64 ans travaillent.
C’est 3,3 points de moins que la moyenne de l’Union (76,1 %). Le chiffre progresse depuis dix ans, mais l’écart avec l’Europe ne se referme pas, et les trois Régions vivent des réalités très différentes.
Taux d’emploi des 20-64 ans, en %, 1999-2025 (Union : depuis 2009, premier agrégat publié dans lfsi_emp_a). Croix rouges : ruptures de série signalées par Eurostat (2001, 2005, 2011, 2017, 2021) ; les comparaisons de part et d’autre d’une rupture sont à faire avec prudence. Source : Eurostat, lfsi_emp_a et lfst_r_lfe2emprt, mise à jour du 10 septembre 2026, consulté le 10 octobre 2026.
Le taux d’emploi
Ce qu’il permet de dire
Quelle part des 20-64 ans a travaillé au moins une heure pendant la semaine de référence.
Comment la Belgique et ses Régions se situent, avec une définition commune à toute l’Union.
L’évolution dans le temps, en tenant compte des ruptures de série.
Ce qu’il ne permet pas de dire
Si les emplois sont à temps plein, bien payés ou de bonne qualité.
Pourquoi un groupe travaille moins qu’un autre.
Si la population vit mieux : un taux d’emploi plus élevé ne prouve ni de meilleurs salaires ni moins d’inégalités.
Pour aller plus loin
Le temps partiel et les heures travaillées.
Le taux d’emploi en équivalent temps plein.
Les salaires et la pauvreté des travailleurs.
Où se situe l’écart ?
L’écart avec l’Union n’est pas le même pour tous. Il est presque nul chez les diplômés du supérieur (−0,8 point). Il se creuse chez les diplômés du secondaire, les 55-64 ans, les personnes nées hors de l’Union et surtout chez les peu diplômés (−11,4 points).
Taux d’emploi 2025, Belgique moins Union européenne, en points de pourcentage (20-64 ans, sauf 55-64 ans). Sources : Eurostat, lfsa_ergaed (diplôme), lfsa_ergacob (pays de naissance), lfsi_emp_a (âge, sexe), consulté le 10 octobre 2026.
attention
Ce graphique dit où se trouve l’écart, pas pourquoi. Il ne s’additionne pas non plus : une même personne peut être peu diplômée, née hors de l’Union et âgée de 58 ans. Plusieurs pistes (règles des allocations, santé, formation) sont discutées dans la partie Recherche ; aucune ne l’explique seule.
Les 27, du plus bas au plus haut
Taux d’emploi des 20-64 ans en 2025. * Espagne et France : définition différente, signalée par Eurostat. Source : Eurostat, lfsi_emp_a, consulté le 10 octobre 2026.
Un rang, pas une mesure. Le classement est indicatif : la Belgique (72,8 %) précède l’Espagne (72,4 %) de 0,4 point, un écart faible pour une enquête par sondage, et dont l’ordre peut changer avec les révisions ou une définition différente (signalée pour l’Espagne). Retenez plutôt l’écart à la moyenne de l’Union (3,3 points) et aux pays voisins.
Fiche 03 · fait
576 643 personnes en invalidité.
Fin 2025, plus d’une demi-million de personnes étaient reconnues incapables de travailler depuis plus d’un an. Leur nombre a plus que doublé depuis 2008 (250 705).
61 %sont des femmessalariés et chômeurs, 2025
47 %ont 55 ans ou plussalariés et chômeurs, 2025
36 %pour des troubles psychosociauxfin 2021, dont deux tiers de dépressions et de burn-out
Combien de personnes sont reconnues incapables de travailler depuis plus d’un an et indemnisées par l’INAMI.
Comment ce nombre évolue, et quelles grandes causes médicales sont déclarées.
Ce qu’il ne permet pas de dire
Combien de ces personnes pourraient travailler, et à quelles conditions.
Ce qui vient de la santé, des conditions de travail ou des règles des autres régimes (chômage, pensions).
Si la Belgique fait « pire » que ses voisins : chaque pays organise autrement la protection en cas de maladie.
Pour aller plus loin
Les entrées et sorties d’invalidité chaque année.
Les reprises partielles du travail autorisées.
Les données par secteur et par métier.
Où vivent-elles ? en nombre, pas en proportion
Salariés et chômeurs en invalidité au 31 décembre 2025, par Région de résidence. Source : INAMI, même tableau. Ce sont des effectifs : la Flandre compte plus d’habitants, elle a donc plus de personnes en invalidité sans que le risque y soit plus élevé.
Fiche 04 · fait
Le chômage qui dure.
Le chômage de longue durée a été divisé par deux en dix ans et rejoint la moyenne européenne. Le chômage des jeunes, lui, reste au-dessus.
Le chômage de longue durée est revenu à 2 % des actifs (3,9 % en 2014)Chômage de longue durée : chômeurs depuis un an ou plus, en % des actifs17,4 % des jeunes actifs sont au chômage en 2025, plus que dans l’Union (15,2 %)Chômage des 15-24 ans : en % des jeunes actifs, pas de tous les jeunes
Belgique en couleur, Union européenne en pointillés, 2009-2025 (Eurostat ne publie pas ces séries avant 2009 dans leur définition actuelle). Croix rouges : ruptures de série de l’enquête belge (2011, 2017, 2021). Données 2009-2014 consultées le 14 octobre 2026. Source : Eurostat, une_ltu_a et une_rt_a, consulté le 10 octobre 2026.
piège !
« 17,4 % des jeunes sont au chômage » est faux. Ce sont 17,4 % des jeunes actifs, c’est-à-dire de ceux qui travaillent ou cherchent. La plupart des 15-24 ans étudient et ne sont pas comptés.
Ce dossier en Europe · 27 pays
Et ailleurs en Europe ?
Choisissez un pays : les chiffres clés et les questions du débat se mettent à jour avec les données d’Eurostat, établies selon les mêmes définitions dans les 27 pays de l’Union.
Les autres parties de ce dossier (histoire, fiches, recherche, « qui décide ») portent sur la Belgique : elles n’ont pas encore été rédigées pour . Seuls les chiffres de cette section changent avec le pays.
Les chiffres de la Belgique
Questions du débat, en chiffres
Réponses calculées à partir des données : elles situent le pays parmi les autres, elles n’expliquent pas pourquoi.
Comparer les pays
Cochez ou décochez les pays ; le tableau sous le graphique donne les valeurs exactes. Tous les indicateurs : page Comparer.
Recherche · ce que savent les chercheurs
Trois questions, trois niveaux de preuve.
Chaque conclusion porte un badge (grille du GIEC) et chaque étude, selon sa nature, son niveau sur l’échelle de Maryland (évaluations d’impact, de 1 : simple comparaison, à 5 : tirage au sort) ou son type (méta-analyse, revue, statistique officielle, étude descriptive…). Voir la méthode.
ÉtabliMajoritaireDébattuPeu étudié
Comment ces études ont été choisies
Ce n’est pas une revue systématique : la sélection est raisonnée, pas exhaustive. Les études sont cherchées dans les revues de littérature et méta-analyses récentes, dans les bases d’articles et de documents de travail en sciences sociales (Google Scholar, RePEc, NBER, IZA) et dans les publications des institutions et centres de recherche belges (Banque nationale, Bureau fédéral du Plan, Conseil supérieur de l’emploi, universités).
Retenues : les études publiées (revue à comité de lecture, document de travail d’une institution reconnue ou rapport public), dont la méthode est décrite, portant sur la Belgique ou sur un pays comparable ; les études belges sont privilégiées quand elles existent. Écartées : les textes d’opinion, les études sans méthode décrite et celles qui n’ont pas pu être lues à la source. Quand des études sérieuses aboutissent à des conclusions opposées, le badge « Débattu » l’indique et les deux côtés sont cités.
Une étude importante manque ? Signalez-la (voir la méthode, point 07).
Du chiffre à la décision
Que peuvent faire les pouvoirs publics ?
Trois grands leviers sont discutés dans le débat belge. Pour chacun : ce qu’on sait de ses effets, ce qui reste incertain, et ce qu’il coûte en contrepartie. Le site ne recommande aucune option.
Accompagner et former les chercheurs d’emploi
Le mécanisme
Aider à trouver un emploi ou à acquérir des compétences (compétence des Régions).
Ce qui est documenté
documenté Effet moyen faible à court terme, plus positif deux à trois ans après, surtout pour la formation, les femmes et les chômeurs de longue durée (Card, Kluve et Weber, 2018).
Ce qui reste incertain
L’efficacité des programmes belges précis est peu évaluée publiquement.
Ce qu’on sacrifie
Un coût budgétaire immédiat pour un effet différé.
Limiter ou réduire les allocations
Le mécanisme
Rendre la recherche d’emploi plus urgente (compétence fédérale).
Ce qui est documenté
documenté Des allocations plus longues allongent en général la période sans emploi (Schmieder et von Wachter, 2016). documenté La dégressivité renforcée de 2012 n’a pas augmenté les sorties vers l’emploi en Belgique (ONEM, 2022).
Ce qui reste incertain
hypothèse Une partie des personnes pourrait basculer vers l’invalidité : les réformes passées du chômage semblent y avoir contribué (De Brouwer et Tojerow, 2023, document de travail). Les effets de la limitation de 2026 ne sont pas encore connus.
Ce qu’on sacrifie
La protection des revenus, et parfois la qualité de l’emploi retrouvé (Nekoei et Weber, 2017).
Prévenir et réintégrer les malades de longue durée
Le mécanisme
Agir sur les conditions de travail et le retour progressif à l’emploi (fédéral, mutualités, employeurs).
Ce qui est documenté
documenté Les règles et les incitants des systèmes de maladie influencent les sorties durables de l’emploi (OCDE, 2010).
Ce qui reste incertain
L’effet des trajets de réintégration belges n’est pas encore établi par des évaluations publiées.
Ce qu’on sacrifie
Un contrôle accru peut être vécu comme de la méfiance envers des personnes réellement malades.
Les arbitrages : on ne peut pas tout maximiser à la fois
Si l’on privilégie…
… on prend le risque de sacrifier
Inciter à reprendre vite un emploi
La protection des revenus et le temps de trouver un emploi adapté
Contrôler davantage
La confiance et l’accompagnement
Réduire la dépense à court terme
L’investissement dans la formation, qui paie plus tard
Les effets cités viennent de la partie Recherche, avec leurs sources. « Documenté » signifie établi par des études ; « hypothèse » signifie plausible mais non démontré.
Ce que proposent des chercheurs de bords différents
Pour chaque piste : qui la défend, ce que la preuve en dit, et sa limite. L’orientation qualifie la proposition, pas la personne : un même chercheur peut défendre des idées classées différemment selon les sujets. Références ouvertes à la source le 14 octobre 2026.
Belgique : l’annonce d’un contrôle augmente d’environ 9 points les sorties vers l’emploi.
Étudie l’annonce, pas la sanction elle-même.
Lectures · question de valeurs
Que doit la société à ceux qui ne travaillent pas, et qu’attend-elle d’eux ?
Les données ne tranchent pas cette question : elle dépend de ce qu’on juge juste. Neuf traditions y répondent, chacune par son meilleur argument et sa principale critique. L’ordre change à chaque visite.
Qui décide en Belgique ?
Depuis la sixième réforme de l’État, l’emploi est partagé entre plusieurs niveaux de pouvoir. Savoir qui décide évite de reprocher à un gouvernement ce qui relève d’un autre.
État fédéral
ONEM : règles et paiement des allocations de chômage
INAMI : indemnités d’incapacité et d’invalidité
Droit du travail, fiscalité, cotisations sociales
Régions
Actiris, Forem, VDAB et ADG (Communauté germanophone) : accompagnement, placement
Contrôle de la disponibilité des chômeurs : transféré en 2014, exercé depuis 2016 (2017 à Bruxelles)
Aides à l’emploi, formation professionnelle
Partenaires sociaux
Syndicats et organisations patronales gèrent la sécurité sociale avec l’État
Conventions collectives de travail
Les syndicats versent une partie des allocations de chômage
Mutualités
Leurs médecins-conseils reconnaissent l’incapacité de travail
Elles versent les indemnités
Transfert du contrôle de la disponibilité : DULBEA (ULB), Policy Brief 19.01, Rennoir et Tojerow, 2020.
Limites · ce que ces chiffres ne disent pas
Six pièges à éviter.
1
Comparer des chiffres qui ne comptent pas pareil
Les chômeurs viennent d’une enquête (15-74 ans), les invalides des registres de l’INAMI (tous âges, indépendants compris). Le pari du début montre un ordre de grandeur, pas une comparaison exacte.
2
Croire qu’une invalidité est toujours totale et définitive
La loi reconnaît l’incapacité quand la capacité de gain tombe au tiers ou moins de celle d’une personne de même formation, en tenant compte des autres métiers que la personne pourrait exercer. Une reprise partielle du travail est possible avec l’autorisation du médecin-conseil (INAMI, 2015).
3
Lire le taux d’emploi comme un indicateur de bien-être
Une heure de travail dans la semaine suffit pour être compté en emploi. Le taux ne dit rien du temps partiel, du salaire ni de la qualité du travail.
4
Ignorer les ruptures de série
L’enquête a changé en 2017 et en 2021 : une partie des variations de ces années-là vient de l’instrument, pas de la réalité.
5
Oublier les navetteurs
Les taux régionaux sont calculés selon le lieu de résidence. En 2023, 48 % des emplois situés à Bruxelles étaient occupés par des habitants de Flandre ou de Wallonie (Statbel, cité par Forum for the Future ; l’IBSA indique aussi qu’environ un emploi bruxellois sur deux est occupé par un navetteur).
6
Classer les pays sur l’invalidité
Chaque pays organise différemment la protection en cas de maladie, de chômage ou de fin de carrière. Un pays qui a peu d’invalides peut avoir beaucoup de préretraités. L’OCDE invite à ne pas lire ces catégories séparément.
Prolongements
Pour comprendre, il faut aussi examiner…
Les phénomènes sont liés, mais deux chiffres qui évoluent ensemble ne s’expliquent pas forcément l’un par l’autre. Chaque lien dit pourquoi il est utile et où il s’arrête.
Pourquoi ce lienL’emploi des 55-64 ans (61,5 % en 2025) compte pour le financement des pensions : dans un système par répartition, les cotisations des personnes au travail (et de leurs employeurs) financent, avec l’impôt, les pensions versées.
Sa limiteCe n’est qu’un facteur parmi d’autres : salaires, productivité et règles de calcul des pensions pèsent aussi.
Pourquoi ce lienUne partie de l’écart d’emploi avec l’Union se situe chez les personnes nées hors de l’Union. Le dossier Immigration examine les explications possibles : motif d’arrivée, diplôme, langue, discriminations.
Sa limiteUn écart d’emploi décrit une situation ; il ne dit pas à lui seul pourquoi elle existe, et les explications restent débattues.
Pourquoi ce lienLa hausse de l’invalidité coïncide avec un constat de santé : depuis 2008, les années de vie gagnées sont surtout vécues avec des limitations.
Sa limiteLes deux tendances évoluent ensemble, sans que l’une explique forcément l’autre : les règles d’accès à l’invalidité et les conditions de travail comptent aussi.
Pourquoi ce lienL’écart d’emploi le plus fort se situe chez les peu diplômés (−11,4 points par rapport à l’Union). Le dossier Éducation montre combien de jeunes quittent l’école sans diplôme, et pourquoi.
Sa limiteRéduire le décrochage ne crée pas d’emplois à lui seul : le diplôme protège, mais il ne garantit pas un poste.
Vérifier sa compréhension · questions de transfert
Et ailleurs, ça marche comment ?
Ces questions ne testent pas la mémoire des chiffres : elles vérifient qu’on sait appliquer le mécanisme à une situation nouvelle. Chaque réponse est expliquée.
1. Dans un pays, le taux de chômage passe de 8 % à 6 %, mais le taux d’emploi ne bouge pas. Que s’est-il le plus probablement passé ?
Pas tout à fait. Si c’était le cas, le taux d’emploi aurait augmenté. Il est resté stable.
Exact. Ces personnes ne sont plus comptées dans la population active : le chômage baisse sans création d’emploi.
Pas tout à fait. Les deux indicateurs sont des proportions : une baisse de population ne fait pas baisser l’un sans l’autre.
Le mécanisme à retenir : le chômage est une part de la population active (ceux qui travaillent ou cherchent). Quitter la population active fait baisser le chômage sans créer d’emploi. Il faut donc toujours lire chômage et emploi ensemble.
2. Pour une même commune, le service régional de l’emploi publie 12 % de demandeurs d’emploi et l’enquête de Statbel 8 % de chômage. Qui se trompe ?
Pas tout à fait. Il ne se trompe pas : il compte les personnes inscrites, ce qui n’est pas la même population.
Pas tout à fait. L’échantillon introduit une marge d’erreur, mais pas un écart systématique de cette taille.
Exact. Le premier compte les inscrits (dont certains travaillent quelques heures), le second les personnes sans emploi qui cherchent et sont disponibles.
Le mécanisme à retenir : avant de comparer deux chiffres qui portent le même nom, vérifiez leur source et leur définition. « Chômage » peut désigner un registre administratif ou une enquête.
Doeringer, P. et Piore, M. (1971). Internal Labor Markets and Manpower Analysis.
Esping-Andersen, G. (1990). The Three Worlds of Welfare Capitalism. Polity Press.
Friedman, M. (1968). « The Role of Monetary Policy ». American Economic Review, 58(1), 1-17.
Gorz, A. (1988). Métamorphoses du travail. Quête du sens. Galilée.
Jahoda, M., Lazarsfeld, P. et Zeisel, H. (1933). Die Arbeitslosen von Marienthal.
Keynes, J. M. (1936). The General Theory of Employment, Interest and Money. Macmillan.
Marx, K. (1867). Das Kapital, livre I.
Mead, L. M. (1986). Beyond Entitlement: The Social Obligations of Citizenship. Free Press.
Pie XI (1931). Encyclique Quadragesimo anno.
Rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle pour la collecte et la mise en forme ; chaque chiffre et chaque référence ont été vérifiés à la source, et la relecture finale est humaine. Une erreur ? Chaque correction est datée et publiée. Méthode complète : page Méthode.
Journal des corrections · 10 octobre 2026 : ajout de la partie historique 1993-2025 et de trois idées reçues ; ajout de l’analyse « Où se situe l’écart ? », note sur les définitions espagnole et française, source ajoutée pour les navetteurs, niveaux de preuve de deux études revus. 12 octobre 2026 : revérification à la source primaire ; résumés de deux études corrigés (De Brouwer et Tojerow, 2023 : formulation des auteurs ; Minne et Saks, 2023 : enquête sur les forces de travail, et non SHARE). 14 octobre 2026 : source de l’ONEM précisée ; note sur la fragilité du rang européen ; données de chaque graphique téléchargeables. Ajout : deux évaluations belges dans la partie Recherche (Cockx et Dejemeppe, 2012, contrôle de la recherche d’emploi ; Cockx, Lechner et Bollens, 2019, formations du VDAB). Précision : le financement des pensions passe aussi par l’impôt, pas seulement par les cotisations. Séries longues : taux d’emploi de la Belgique et des Régions depuis 1999 (Union depuis 2009), chômage de longue durée et des jeunes depuis 2009.
Comment citer ce dossier
Bauchau, T. (2026). Emploi et inactivité [dossier]. Au plus Juste, version du 10 octobre 2026. Consulté le …, à l’adresse https://auplusjuste.be/dossier-emploi.html
Pour un chiffre précis, citez aussi sa source primaire (indiquée sous chaque graphique) : Au plus Juste rassemble et explique des données, il ne les produit pas. Les données de chaque graphique sont téléchargeables (« Voir les données du graphique »). Code et données du site : dépôt public GitHub.