Dossier 01 · Emploi et inactivité · avant de lire

En Belgique, y a-t-il plus de chômeurs ou plus de personnes en invalidité ?

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Dossier 01 · une question du débat

Emploi et inactivité

Qui travaille, qui ne travaille pas, et pourquoi ? Trois façons de compter, quatre fiches, l’état de la recherche et neuf lectures pour en débattre.

72,8 %des 20-64 ans ont un emploi, 23e sur 27Eurostat lfsi_emp_a, 2025
6,2 %de chômage, contre 6,0 % dans l’UnionEurostat une_rt_a, 2025
576 643personnes en invalidité, +19 % depuis 2021INAMI, 31 déc. 2025, provisoire
63,9 → 77,3 %de taux d’emploi, de Bruxelles à la FlandreEurostat lfst_r_lfe2emprt, 2025

Dossier vérifié le 10 octobre 2026 · 41 affirmations contrôlées à la source · 27 sources liées · voir le registre · corrections
Prochaine mise à jour : chiffres annuels 2026 (printemps 2027)

Comprendre en deux minutes

Qui travaille en Belgique, qui ne travaille pas, et pourquoi ?

En 2025, 72,8 % des 20-64 ans ont un emploi, contre 76,1 % dans l’Union. Le chômage (6,2 %) étant proche de la moyenne européenne, l’écart vient surtout d’un plus grand nombre de personnes inactives, ni en emploi ni au chômage, parmi lesquelles les personnes en invalidité, en forte hausse (576 643 fin 2025). Il se concentre chez les peu diplômés, les personnes nées hors de l’Union et les 55-64 ans.

  1. Chômage et inactivité sont deux choses différentes : une personne en invalidité ne cherche pas d’emploi, elle n’est donc pas « chômeuse ».
  2. Le taux d’emploi progresse depuis trente ans (61,2 % en 1993), presque entièrement grâce aux femmes et aux 55-64 ans.
  3. Les trois Régions vivent des réalités très différentes : 77,3 % d’emploi en Flandre, 67,9 % en Wallonie, 63,9 % à Bruxelles.
Approfondir ↓
Avant les chiffres · les définitions

Trois façons de compter.

Les chiffres de l’emploi viennent de trois sources qui ne mesurent pas la même chose. Les mélanger est la première erreur du débat public.

Enquête

L’enquête sur les forces de travail

Statbel, pour Eurostat

Un échantillon de ménages répond à un questionnaire européen commun. On y est en emploi si l’on a travaillé au moins une heure la semaine de référence, chômeur si l’on n’a pas travaillé, a cherché activement et peut commencer dans les deux semaines. Tous les autres sont inactifs.

Sert à : taux d’emploi, taux de chômage, comparaisons européennes.

Registres régionaux

Les demandeurs d’emploi inscrits

Actiris, Forem, VDAB, ADG

Les personnes inscrites auprès du service régional de l’emploi. On peut être inscrit sans être chômeur au sens de l’enquête (par exemple en travaillant quelques heures), et chômeur sans être inscrit.

Sert à : suivre l’accompagnement dans chaque Région.

Sécurité sociale

Les bénéficiaires d’allocations

ONEM (chômage), INAMI (maladie)

Les personnes qui reçoivent une allocation. Après un an d’incapacité de travail reconnue, un salarié passe de l’incapacité primaire à l’invalidité. Ces chiffres dépendent des règles d’accès : une réforme change le nombre sans que la réalité change.

Sert à : mesurer le coût et l’effet des règles.

→ c’est pour ça que le pari du début compare deux choses différentes

Histoire · trente ans d’emploi en Belgique

Les femmes et les 55-64 ans ont changé la donne.

En 1993, à peine plus de six Belges de 20 à 64 ans sur dix travaillaient. Ils sont plus de sept sur dix aujourd’hui. Presque toute la hausse vient des femmes et des travailleurs âgés : le taux d’emploi des hommes, lui, a peu bougé.

Taux d’emploi en 1993 et en 2025, en %. 1993 : Eurostat, lfsi_emp_a_h (série historique, valeurs estimées) ; 2025 : Eurostat, lfsi_emp_a. Les deux séries coïncident sur les années communes (67,2 % en 2015). Ruptures de série en 1999, 2001, 2017 et 2021.

Depuis 1993, le chômage oscille entre 5,5 % et 9,5 % des actifs

Taux de chômage au sens du BIT, 15-74 ans, en %. 1993-2014 : Eurostat, une_rt_a_h (ancienne méthode) ; 2015-2025 : une_rt_a. En 2015, les deux méthodes donnent 8,5 % et 8,7 %.

Trois idées reçues

Idée reçue

« Le chômage n’a jamais été aussi haut. »

Faux. Il atteignait 9,5 % au milieu des années 1990 et 8,5 % encore en 2014-2015, contre 6,2 % en 2025. Il remonte depuis 2023, mais reste sous ses niveaux passés.

Idée reçue

« On travaille de moins en moins en Belgique. »

Faux. Le taux d’emploi est passé de 61,2 % en 1993 à 72,8 % en 2025. Celui des femmes a gagné 20 points, celui des 55-64 ans a presque triplé (22,2 % à 61,5 %).

Idée reçue

« Les malades de longue durée sont des chômeurs déguisés. »

À nuancer. Une partie des entrées en invalidité vient du chômage, surtout après la réforme de 2012. Mais l’ampleur de ce passage n’est pas mesurée précisément, et les troubles psychosociaux, l’âge et les conditions de travail jouent aussi. Voir la recherche.

Fiche 01 · fait

72,8 % des 20-64 ans travaillent.

C’est 3,3 points de moins que la moyenne de l’Union (76,1 %). Le chiffre progresse depuis dix ans, mais l’écart avec l’Europe ne se referme pas, et les trois Régions vivent des réalités très différentes.

Taux d’emploi des 20-64 ans, en %, 1999-2025 (Union : depuis 2009, premier agrégat publié dans lfsi_emp_a). Croix rouges : ruptures de série signalées par Eurostat (2001, 2005, 2011, 2017, 2021) ; les comparaisons de part et d’autre d’une rupture sont à faire avec prudence. Source : Eurostat, lfsi_emp_a et lfst_r_lfe2emprt, mise à jour du 10 septembre 2026, consulté le 10 octobre 2026.

Le taux d’emploi

Ce qu’il permet de dire

  • Quelle part des 20-64 ans a travaillé au moins une heure pendant la semaine de référence.
  • Comment la Belgique et ses Régions se situent, avec une définition commune à toute l’Union.
  • L’évolution dans le temps, en tenant compte des ruptures de série.

Ce qu’il ne permet pas de dire

  • Si les emplois sont à temps plein, bien payés ou de bonne qualité.
  • Pourquoi un groupe travaille moins qu’un autre.
  • Si la population vit mieux : un taux d’emploi plus élevé ne prouve ni de meilleurs salaires ni moins d’inégalités.

Pour aller plus loin

  • Le temps partiel et les heures travaillées.
  • Le taux d’emploi en équivalent temps plein.
  • Les salaires et la pauvreté des travailleurs.

Où se situe l’écart ?

L’écart avec l’Union n’est pas le même pour tous. Il est presque nul chez les diplômés du supérieur (−0,8 point). Il se creuse chez les diplômés du secondaire, les 55-64 ans, les personnes nées hors de l’Union et surtout chez les peu diplômés (−11,4 points).

Taux d’emploi 2025, Belgique moins Union européenne, en points de pourcentage (20-64 ans, sauf 55-64 ans). Sources : Eurostat, lfsa_ergaed (diplôme), lfsa_ergacob (pays de naissance), lfsi_emp_a (âge, sexe), consulté le 10 octobre 2026.

attention

Ce graphique dit où se trouve l’écart, pas pourquoi. Il ne s’additionne pas non plus : une même personne peut être peu diplômée, née hors de l’Union et âgée de 58 ans. Plusieurs pistes (règles des allocations, santé, formation) sont discutées dans la partie Recherche ; aucune ne l’explique seule.

Les 27, du plus bas au plus haut

Taux d’emploi des 20-64 ans en 2025. * Espagne et France : définition différente, signalée par Eurostat. Source : Eurostat, lfsi_emp_a, consulté le 10 octobre 2026.

Un rang, pas une mesure. Le classement est indicatif : la Belgique (72,8 %) précède l’Espagne (72,4 %) de 0,4 point, un écart faible pour une enquête par sondage, et dont l’ordre peut changer avec les révisions ou une définition différente (signalée pour l’Espagne). Retenez plutôt l’écart à la moyenne de l’Union (3,3 points) et aux pays voisins.

Fiche 03 · fait

576 643 personnes en invalidité.

Fin 2025, plus d’une demi-million de personnes étaient reconnues incapables de travailler depuis plus d’un an. Leur nombre a plus que doublé depuis 2008 (250 705).

  • 61 %sont des femmessalariés et chômeurs, 2025
  • 47 %ont 55 ans ou plussalariés et chômeurs, 2025
  • 36 %pour des troubles psychosociauxfin 2021, dont deux tiers de dépressions et de burn-out

Personnes en invalidité au 31 décembre, salariés et chômeurs, indépendants et conjoints aidants. 2024 et 2025 provisoires. Sources : INAMI, salariés et chômeurs 2021-2025 et indépendants 2021-2025 ; 2008 et causes 2021 : INAMI, étude sur l’incapacité de longue durée due à des troubles psychosociaux, avril 2024. Consulté le 10 octobre 2026.

Le nombre de personnes en invalidité

Ce qu’il permet de dire

  • Combien de personnes sont reconnues incapables de travailler depuis plus d’un an et indemnisées par l’INAMI.
  • Comment ce nombre évolue, et quelles grandes causes médicales sont déclarées.

Ce qu’il ne permet pas de dire

  • Combien de ces personnes pourraient travailler, et à quelles conditions.
  • Ce qui vient de la santé, des conditions de travail ou des règles des autres régimes (chômage, pensions).
  • Si la Belgique fait « pire » que ses voisins : chaque pays organise autrement la protection en cas de maladie.

Pour aller plus loin

  • Les entrées et sorties d’invalidité chaque année.
  • Les reprises partielles du travail autorisées.
  • Les données par secteur et par métier.

Où vivent-elles ? en nombre, pas en proportion

Salariés et chômeurs en invalidité au 31 décembre 2025, par Région de résidence. Source : INAMI, même tableau. Ce sont des effectifs : la Flandre compte plus d’habitants, elle a donc plus de personnes en invalidité sans que le risque y soit plus élevé.

Fiche 04 · fait

Le chômage qui dure.

Le chômage de longue durée a été divisé par deux en dix ans et rejoint la moyenne européenne. Le chômage des jeunes, lui, reste au-dessus.

Le chômage de longue durée est revenu à 2 % des actifs (3,9 % en 2014)Chômage de longue durée : chômeurs depuis un an ou plus, en % des actifs
17,4 % des jeunes actifs sont au chômage en 2025, plus que dans l’Union (15,2 %)Chômage des 15-24 ans : en % des jeunes actifs, pas de tous les jeunes

Belgique en couleur, Union européenne en pointillés, 2009-2025 (Eurostat ne publie pas ces séries avant 2009 dans leur définition actuelle). Croix rouges : ruptures de série de l’enquête belge (2011, 2017, 2021). Données 2009-2014 consultées le 14 octobre 2026. Source : Eurostat, une_ltu_a et une_rt_a, consulté le 10 octobre 2026.

piège !

« 17,4 % des jeunes sont au chômage » est faux. Ce sont 17,4 % des jeunes actifs, c’est-à-dire de ceux qui travaillent ou cherchent. La plupart des 15-24 ans étudient et ne sont pas comptés.

Ce dossier en Europe · 27 pays

Et ailleurs en Europe ?

Choisissez un pays : les chiffres clés et les questions du débat se mettent à jour avec les données d’Eurostat, établies selon les mêmes définitions dans les 27 pays de l’Union.

Les chiffres de la Belgique

Questions du débat, en chiffres

Réponses calculées à partir des données : elles situent le pays parmi les autres, elles n’expliquent pas pourquoi.

    Comparer les pays

    Cochez ou décochez les pays ; le tableau sous le graphique donne les valeurs exactes. Tous les indicateurs : page Comparer.

    Recherche · ce que savent les chercheurs

    Trois questions, trois niveaux de preuve.

    Chaque conclusion porte un badge (grille du GIEC) et chaque étude, selon sa nature, son niveau sur l’échelle de Maryland (évaluations d’impact, de 1 : simple comparaison, à 5 : tirage au sort) ou son type (méta-analyse, revue, statistique officielle, étude descriptive…). Voir la méthode.

    ÉtabliMajoritaireDébattuPeu étudié
    Comment ces études ont été choisies

    Ce n’est pas une revue systématique : la sélection est raisonnée, pas exhaustive. Les études sont cherchées dans les revues de littérature et méta-analyses récentes, dans les bases d’articles et de documents de travail en sciences sociales (Google Scholar, RePEc, NBER, IZA) et dans les publications des institutions et centres de recherche belges (Banque nationale, Bureau fédéral du Plan, Conseil supérieur de l’emploi, universités).

    Retenues : les études publiées (revue à comité de lecture, document de travail d’une institution reconnue ou rapport public), dont la méthode est décrite, portant sur la Belgique ou sur un pays comparable ; les études belges sont privilégiées quand elles existent. Écartées : les textes d’opinion, les études sans méthode décrite et celles qui n’ont pas pu être lues à la source. Quand des études sérieuses aboutissent à des conclusions opposées, le badge « Débattu » l’indique et les deux côtés sont cités.

    Une étude importante manque ? Signalez-la (voir la méthode, point 07).

    Du chiffre à la décision

    Que peuvent faire les pouvoirs publics ?

    Trois grands leviers sont discutés dans le débat belge. Pour chacun : ce qu’on sait de ses effets, ce qui reste incertain, et ce qu’il coûte en contrepartie. Le site ne recommande aucune option.

    Accompagner et former les chercheurs d’emploi

    Le mécanisme
    Aider à trouver un emploi ou à acquérir des compétences (compétence des Régions).
    Ce qui est documenté
    documenté Effet moyen faible à court terme, plus positif deux à trois ans après, surtout pour la formation, les femmes et les chômeurs de longue durée (Card, Kluve et Weber, 2018).
    Ce qui reste incertain
    L’efficacité des programmes belges précis est peu évaluée publiquement.
    Ce qu’on sacrifie
    Un coût budgétaire immédiat pour un effet différé.

    Limiter ou réduire les allocations

    Le mécanisme
    Rendre la recherche d’emploi plus urgente (compétence fédérale).
    Ce qui est documenté
    documenté Des allocations plus longues allongent en général la période sans emploi (Schmieder et von Wachter, 2016). documenté La dégressivité renforcée de 2012 n’a pas augmenté les sorties vers l’emploi en Belgique (ONEM, 2022).
    Ce qui reste incertain
    hypothèse Une partie des personnes pourrait basculer vers l’invalidité : les réformes passées du chômage semblent y avoir contribué (De Brouwer et Tojerow, 2023, document de travail). Les effets de la limitation de 2026 ne sont pas encore connus.
    Ce qu’on sacrifie
    La protection des revenus, et parfois la qualité de l’emploi retrouvé (Nekoei et Weber, 2017).

    Prévenir et réintégrer les malades de longue durée

    Le mécanisme
    Agir sur les conditions de travail et le retour progressif à l’emploi (fédéral, mutualités, employeurs).
    Ce qui est documenté
    documenté Les règles et les incitants des systèmes de maladie influencent les sorties durables de l’emploi (OCDE, 2010).
    Ce qui reste incertain
    L’effet des trajets de réintégration belges n’est pas encore établi par des évaluations publiées.
    Ce qu’on sacrifie
    Un contrôle accru peut être vécu comme de la méfiance envers des personnes réellement malades.

    Les arbitrages : on ne peut pas tout maximiser à la fois

    Si l’on privilégie…… on prend le risque de sacrifier
    Inciter à reprendre vite un emploiLa protection des revenus et le temps de trouver un emploi adapté
    Contrôler davantageLa confiance et l’accompagnement
    Réduire la dépense à court termeL’investissement dans la formation, qui paie plus tard

    Les effets cités viennent de la partie Recherche, avec leurs sources. « Documenté » signifie établi par des études ; « hypothèse » signifie plausible mais non démontré.

    Ce que proposent des chercheurs de bords différents

    Pour chaque piste : qui la défend, ce que la preuve en dit, et sa limite. L’orientation qualifie la proposition, pas la personne : un même chercheur peut défendre des idées classées différemment selon les sujets. Références ouvertes à la source le 14 octobre 2026.

    OrientationPropositionChercheursCe que dit la preuveLimite
    Activation (centre)Accompagner et former les chômeursCard, Kluve et Weber, 2018Méta-analyse de plus de 200 évaluations : effet faible à court terme, positif après 2-3 ans, surtout pour la formation.Moyennes internationales ; les programmes belges sont peu évalués.
    LibéraleAllocations dégressives ou limitées dans le tempsSchmieder et von Wachter, 2016 ; ONEM, 2022Des allocations plus longues allongent un peu le chômage ; la dégressivité belge de 2012 a eu des effets modestes.Effet sur la qualité de l’emploi retrouvé et sur la pauvreté discuté.
    Gauche, post-keynésienneGarantie d’emploi public pour tous ceux qui le demandentTcherneva, 2020Proposition théorique détaillée ; peu d’évaluations à grande échelle.Coût, qualité des emplois créés, effet sur le secteur privé.
    ComportementaleAnnoncer et contrôler la recherche d’emploiCockx et Dejemeppe, 2012Belgique : l’annonce d’un contrôle augmente d’environ 9 points les sorties vers l’emploi.Étudie l’annonce, pas la sanction elle-même.
    Lectures · question de valeurs

    Que doit la société à ceux qui ne travaillent pas, et qu’attend-elle d’eux ?

    Les données ne tranchent pas cette question : elle dépend de ce qu’on juge juste. Neuf traditions y répondent, chacune par son meilleur argument et sa principale critique. L’ordre change à chaque visite.

    Qui décide en Belgique ?

    Depuis la sixième réforme de l’État, l’emploi est partagé entre plusieurs niveaux de pouvoir. Savoir qui décide évite de reprocher à un gouvernement ce qui relève d’un autre.

    État fédéral

    • ONEM : règles et paiement des allocations de chômage
    • INAMI : indemnités d’incapacité et d’invalidité
    • Droit du travail, fiscalité, cotisations sociales

    Régions

    • Actiris, Forem, VDAB et ADG (Communauté germanophone) : accompagnement, placement
    • Contrôle de la disponibilité des chômeurs : transféré en 2014, exercé depuis 2016 (2017 à Bruxelles)
    • Aides à l’emploi, formation professionnelle

    Partenaires sociaux

    • Syndicats et organisations patronales gèrent la sécurité sociale avec l’État
    • Conventions collectives de travail
    • Les syndicats versent une partie des allocations de chômage

    Mutualités

    • Leurs médecins-conseils reconnaissent l’incapacité de travail
    • Elles versent les indemnités

    Transfert du contrôle de la disponibilité : DULBEA (ULB), Policy Brief 19.01, Rennoir et Tojerow, 2020.

    Limites · ce que ces chiffres ne disent pas

    Six pièges à éviter.

    1. 1

      Comparer des chiffres qui ne comptent pas pareil

      Les chômeurs viennent d’une enquête (15-74 ans), les invalides des registres de l’INAMI (tous âges, indépendants compris). Le pari du début montre un ordre de grandeur, pas une comparaison exacte.

    2. 2

      Croire qu’une invalidité est toujours totale et définitive

      La loi reconnaît l’incapacité quand la capacité de gain tombe au tiers ou moins de celle d’une personne de même formation, en tenant compte des autres métiers que la personne pourrait exercer. Une reprise partielle du travail est possible avec l’autorisation du médecin-conseil (INAMI, 2015).

    3. 3

      Lire le taux d’emploi comme un indicateur de bien-être

      Une heure de travail dans la semaine suffit pour être compté en emploi. Le taux ne dit rien du temps partiel, du salaire ni de la qualité du travail.

    4. 4

      Ignorer les ruptures de série

      L’enquête a changé en 2017 et en 2021 : une partie des variations de ces années-là vient de l’instrument, pas de la réalité.

    5. 5

      Oublier les navetteurs

      Les taux régionaux sont calculés selon le lieu de résidence. En 2023, 48 % des emplois situés à Bruxelles étaient occupés par des habitants de Flandre ou de Wallonie (Statbel, cité par Forum for the Future ; l’IBSA indique aussi qu’environ un emploi bruxellois sur deux est occupé par un navetteur).

    6. 6

      Classer les pays sur l’invalidité

      Chaque pays organise différemment la protection en cas de maladie, de chômage ou de fin de carrière. Un pays qui a peu d’invalides peut avoir beaucoup de préretraités. L’OCDE invite à ne pas lire ces catégories séparément.

    Prolongements

    Pour comprendre, il faut aussi examiner…

    Les phénomènes sont liés, mais deux chiffres qui évoluent ensemble ne s’expliquent pas forcément l’un par l’autre. Chaque lien dit pourquoi il est utile et où il s’arrête.

    • Dossier

      Pensions et vieillissement

      Pourquoi ce lienL’emploi des 55-64 ans (61,5 % en 2025) compte pour le financement des pensions : dans un système par répartition, les cotisations des personnes au travail (et de leurs employeurs) financent, avec l’impôt, les pensions versées.

      Sa limiteCe n’est qu’un facteur parmi d’autres : salaires, productivité et règles de calcul des pensions pèsent aussi.

    • Dossier

      Immigration et asile

      Pourquoi ce lienUne partie de l’écart d’emploi avec l’Union se situe chez les personnes nées hors de l’Union. Le dossier Immigration examine les explications possibles : motif d’arrivée, diplôme, langue, discriminations.

      Sa limiteUn écart d’emploi décrit une situation ; il ne dit pas à lui seul pourquoi elle existe, et les explications restent débattues.

    • Dossier

      Santé

      Pourquoi ce lienLa hausse de l’invalidité coïncide avec un constat de santé : depuis 2008, les années de vie gagnées sont surtout vécues avec des limitations.

      Sa limiteLes deux tendances évoluent ensemble, sans que l’une explique forcément l’autre : les règles d’accès à l’invalidité et les conditions de travail comptent aussi.

    • Dossier

      Éducation

      Pourquoi ce lienL’écart d’emploi le plus fort se situe chez les peu diplômés (−11,4 points par rapport à l’Union). Le dossier Éducation montre combien de jeunes quittent l’école sans diplôme, et pourquoi.

      Sa limiteRéduire le décrochage ne crée pas d’emplois à lui seul : le diplôme protège, mais il ne garantit pas un poste.

    Vérifier sa compréhension · questions de transfert

    Et ailleurs, ça marche comment ?

    Ces questions ne testent pas la mémoire des chiffres : elles vérifient qu’on sait appliquer le mécanisme à une situation nouvelle. Chaque réponse est expliquée.

    1. Dans un pays, le taux de chômage passe de 8 % à 6 %, mais le taux d’emploi ne bouge pas. Que s’est-il le plus probablement passé ?

    2. Pour une même commune, le service régional de l’emploi publie 12 % de demandeurs d’emploi et l’enquête de Statbel 8 % de chômage. Qui se trompe ?

    Citer ce dossier

    un chiffre juste, avec sa source →

    Sources · toutes consultées le 10 octobre 2026

    D’où viennent ces chiffres.

    Niveau 1 · statistiques officielles

    1. Eurostat, lfsi_emp_a, lfst_r_lfe2emprt, une_rt_a, une_ltu_a ; mise à jour du 10 septembre 2026.
    2. INAMI, travailleurs salariés et chômeurs en invalidité, 2021-2025.
    3. INAMI, travailleurs indépendants en invalidité, 2021-2025.

    Niveau 3 · institutions publiques

    1. INAMI (2024). Incapacité de travail de longue durée et invalidité dues à des troubles psychosociaux.
    2. Nuyts, N., Segaert, M. et Votquenne, S. (2022). « Dix ans de dégressivité renforcée des allocations de chômage – Une évaluation ». Revue belge de sécurité sociale, 1-2022 (ONEM) ; résultats repris dans le communiqué de l’ONEM (économie d’environ 148 millions d’euros de 2012 à 2020).
    3. Minne, G. et Saks, Y. (2023). « Older workers and retirement decisions in Belgium ». NBB Economic Review, 2023/15.
    4. OCDE (2010). Sickness, Disability and Work: Breaking the Barriers. Paris, OCDE.
    5. Rennoir, M. et Tojerow, I. (2020). Policy Brief 19.01. DULBEA, ULB.

    Niveau 6 · presse (pour dater un événement)

    1. RTBF (2025, mis à jour le 31 mars 2026). « Limitation dans le temps des allocations de chômage, qui sera exclu et quand ? »

    Niveau 2 · recherche

    Œuvres citées dans les lectures

    • Doeringer, P. et Piore, M. (1971). Internal Labor Markets and Manpower Analysis.
    • Esping-Andersen, G. (1990). The Three Worlds of Welfare Capitalism. Polity Press.
    • Friedman, M. (1968). « The Role of Monetary Policy ». American Economic Review, 58(1), 1-17.
    • Gorz, A. (1988). Métamorphoses du travail. Quête du sens. Galilée.
    • Jahoda, M., Lazarsfeld, P. et Zeisel, H. (1933). Die Arbeitslosen von Marienthal.
    • Keynes, J. M. (1936). The General Theory of Employment, Interest and Money. Macmillan.
    • Marx, K. (1867). Das Kapital, livre I.
    • Mead, L. M. (1986). Beyond Entitlement: The Social Obligations of Citizenship. Free Press.
    • Pie XI (1931). Encyclique Quadragesimo anno.

    Rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle pour la collecte et la mise en forme ; chaque chiffre et chaque référence ont été vérifiés à la source, et la relecture finale est humaine. Une erreur ? Chaque correction est datée et publiée. Méthode complète : page Méthode.

    Journal des corrections · 10 octobre 2026 : ajout de la partie historique 1993-2025 et de trois idées reçues ; ajout de l’analyse « Où se situe l’écart ? », note sur les définitions espagnole et française, source ajoutée pour les navetteurs, niveaux de preuve de deux études revus. 12 octobre 2026 : revérification à la source primaire ; résumés de deux études corrigés (De Brouwer et Tojerow, 2023 : formulation des auteurs ; Minne et Saks, 2023 : enquête sur les forces de travail, et non SHARE). 14 octobre 2026 : source de l’ONEM précisée ; note sur la fragilité du rang européen ; données de chaque graphique téléchargeables. Ajout : deux évaluations belges dans la partie Recherche (Cockx et Dejemeppe, 2012, contrôle de la recherche d’emploi ; Cockx, Lechner et Bollens, 2019, formations du VDAB). Précision : le financement des pensions passe aussi par l’impôt, pas seulement par les cotisations. Séries longues : taux d’emploi de la Belgique et des Régions depuis 1999 (Union depuis 2009), chômage de longue durée et des jeunes depuis 2009.

    Comment citer ce dossier

    Bauchau, T. (2026). Emploi et inactivité [dossier]. Au plus Juste, version du 10 octobre 2026. Consulté le …, à l’adresse https://auplusjuste.be/dossier-emploi.html

    Pour un chiffre précis, citez aussi sa source primaire (indiquée sous chaque graphique) : Au plus Juste rassemble et explique des données, il ne les produit pas. Les données de chaque graphique sont téléchargeables (« Voir les données du graphique »). Code et données du site : dépôt public GitHub.